Georges Pompidou ou l’art d’être français, par Christian Estrosi



La célébration du cinquantième anniversaire du décès de Georges Pompidou doit être l’occasion d’un examen de conscience, d’un retour sur nous-mêmes à un moment de notre histoire où cette réflexion devient nécessaire.

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L’accession comme le départ du pouvoir de Georges Pompidou se sont faits dans des circonstances exceptionnelles. Ses débuts furent difficiles, tant succéder à ce géant de l’Histoire qu’était le général de Gaulle paraissait impossible. Pourtant, 50 ans après sa mort, on peut dire de Georges Pompidou qu’il a réussi son mandat présidentiel. Son héritage est tel que les Français en ont parfois un peu oublié la valeur et l’étendue.

L’héritage colossal de la France pompidolienne

Les traces vivantes de son ambitieux projet industriel, technologique et artistique perdurent de nos jours comme le témoignage d’une époque glorieuse. Mais la France pompidolienne ne doit pas être vue comme une nostalgie, car elle est au contraire une espérance !

Le président Pompidou était l’incarnation de ce qui devrait guider toute réflexion et toute action politique. Il avait de l’ambition pour le quotidien et une vision pour ses lendemains.

La France pompidolienne dessine le visage actuel du pays : elle consomme, travaille et se modernise.

La France pompidolienne regorge d’innovations et de projets visionnaires. Elle invente le smic, accentue l’essor du réseau autoroutier, lance la ligne TGV Paris-Lyon ainsi que le programme spatial Ariane, se dote du premier sous-marin nucléaire et développe les programmes de nucléaires civils pour alimenter la France en électricité.

La France pompidolienne fait de l’art pour tous les publics et tous les Français une réalité. En dotant, contre vents et marées, notre pays d’un centre d’art et de rayonnement situé au cœur de la capitale, le président Pompidou a offert aux Français un objet culturel monde qui est devenu une fierté française.

« Jeter un pont entre la France d’hier et celle de demain »

Se référer à Georges Pompidou, c’est évoquer un âge d’or. C’est se rappeler qu’au fond, la seule mission de la politique, aujourd’hui encore, est de « jeter un pont entre la France d’hier et celle de demain ».

Georges Pompidou vient de cette vieille terre auvergnate, de ce haut plateau du Cantal, de ces générations de paysans dont il a hérité les vertus simples mais vraies. Il avait une compréhension charnelle et instinctive du terroir. Il a réussi la synthèse de parler à la France profonde tout en dessinant la nouvelle France.

Georges Pompidou, ce président visionnaire

En matière de politique économique, industrielle et en ce qui concerne l’aménagement du territoire, nous avons tout à apprendre du président Pompidou.

Banquier de formation, il n’était pourtant pas un libéral fou du marché à qui on devrait confier nos vies. Il savait, au contraire, qu’en matière d’économie, l’État et la puissance publique ont un rôle structurant à jouer. Initier des programmes industriels, de recherche et d’innovation pour mieux s’armer économiquement et renforcer notre souveraineté, voilà à quoi devrait servir une politique économique.

Le président Pompidou avait compris mieux que d’autres combien un programme industriel initié par l’État pouvait générer de l’activité et des emplois privés permettant par la suite d’influer sur l’aménagement du territoire et la vie de nos concitoyens.

Enfin, dans la tourmente de Mai 68, il a su trouver le chemin jusqu’aux accords de Grenelle pour apaiser la France. Il a su apporter un démenti cinglant aux oiseaux de mauvais augure qui promettaient à la France et à ses institutions de retrouver l’abîme une fois le général de Gaulle parti. Gaulliste et patriote, il a su, par sa force tranquille mais sûre, solidifier nos institutions de la Ve République qui ont encaissé tous les chocs depuis plus de 65 ans.

Toute sa vie, Georges Pompidou a conjugué au présent et au futur tradition et modernité, identité et audace, humilité et grandeur nationale. En lui rendant hommage aujourd’hui, nous honorons la mémoire d’un homme d’État d’une grande humanité en même temps que nous vénérons une certaine idée de la France.

*Maire de Nice, vice-président d’Horizons




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