ÉDITO. Cinquante ans près sa mort, Georges Pompidou est à la mode


D’Emmanuel Macron aux ténors de la droite, de nombreux hommes politiques saluent actuellement l’action du deuxième président de la Ve République, disparu il y a un demi-siècle.


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Georges Pompidou s'adresse à la presse le 31 mai 1968 à Paris, après sa rencontre avec le président Charles de Gaulle au sujet du remaniement ministériel. (- / AFP)

Cette journée de mardi 2 avril marque le 50e anniversaire de la disparition de Georges Pompidou. Le deuxième président de la Ve République s’éteignait le 2 avril 1974. À bout de forces, épuisé par la maladie contre laquelle il luttait depuis plusieurs années. Le mandat de Georges Pompidou, élu pour sept ans, s’achevait au bout de moins de cinq ans. Longtemps, son souvenir a paru un peu fade, à l’ombre de la statue du Commandeur, le général de Gaulle auquel il avait succédé. Et son héritage semblait plutôt maigre. Et ce qui frappe un demi-siècle plus tard, c’est que Pompidou est devenu à la mode. Hé oui ! À droite d’abord, bien sûr : David Lisnard, le président de l’Association des maires de France, n’avait que cinq ans en 1974, mais il lui voue un culte depuis de longues années. Il publie un livre, Les leçons de Pompidou. Laurent Wauquiez, Éric Ciotti, et tous les autres exaltent son souvenir. Et depuis sept ans, Emmanuel Macron ne rate pas une occasion de saluer la mémoire de son prédécesseur. Tous pompidoliens !  

La France d’avant le choc pétrolier 

Cette nostalgie peut s’expliquer par le fait que les années Pompidou exhalent comme un parfum d’insouciance. C’est la fin des Trente glorieuses, des années de forte croissance et de plein-emploi, avant le choc pétrolier. Une France qui se modernise à grande vitesse au sortir du long règne du général De Gaulle et de la tempête de mai 68. Et puis la figure de Pompidou est devenue rassembleuse, mêlant le bon sens du fils de paysan et l’amour de la poésie du normalien, ami des artistes. “Il pensait à la fois Vieille France et Nouvelle France”, a résumé Emmanuel Macron, fan du côté “en même temps” de cet ancien Président passé lui aussi par la banque Rothschild. Résultat, le macronisme ressuscite parfois des accents de pompidolisme. Comme l’indémodable: “Arrêtez d’emmerder les Français !” pour dénoncer l’excès de lois, normes et règlements, par exemple lors de la récente crise agricole. Ou, autre cri du cœur d’Emmanuel Macron, il y a quelques mois “J’adore la bagnole !”

Mais Georges Pompidou, c’est aussi une France assez datée. Le béton, les autoroutes, les hypermarchés, et puis ce culte de la bagnole, tout cela est passé de mode. On sort peu à peu du tout voiture, en tout cas, dans les zones urbaines. La preuve à Paris, où les voies sur berge, rebaptisées voies Georges Pompidou, comble de la modernité dans les années 70, sont désormais en grande partie piétonnes.



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