Poutine bombe le torse, vantant un arsenal « plus avancé » que les Etats-Unis


Sans surprise, l’élection présidentielle qui se déroule du 15 au 17 mars devrait concrétiser, une nouvelle fois, la victoire de Vladimir Poutine. Au pouvoir depuis plus de deux décennies, le candidat à sa réélection est largement favori du scrutin, a fortiori en l’absence de toute opposition. L’élection devrait ainsi maintenir le président russe en poste jusqu’en 2030, l’année de ses 77 ans. Avec un mandat supplémentaire potentiel jusqu’en 2036, grâce à une modification sur mesure de la Constitution opérée il y a quatre ans.

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Vladimir Poutine a récemment multiplié les satisfecits, auréolé de succès relatifs sur le champ de bataille ukrainien, notamment la prise de la ville-forteresse d’Avdiïvka. De quoi asseoir sa légitimité, et lui donner de l’assurance. Dans un entretien accordé à la télévision russe ce mercredi, le président russe a ainsi vanté l’armement nucléaire de son pays. Il est même allé jusqu’à le juger « plus avancé » que celui des Etats-Unis et assure que son arsenal était toujours « prêt » à une guerre nucléaire. Pour rappel, la Russie et les Etats-Unis sont les deux plus grandes puissances nucléaires du monde, les deux pays contrôlant plus de 90% des armes nucléaires au niveau mondial.

« Des triades (les vecteurs de lancement d’armes atomiques, ndlr), seuls les Américains et nous en avons vraiment. Et là, nous sommes beaucoup plus avancés. Toute la composante nucléaire est plus moderne chez nous, a-t-il vanté. Qu’il s’agisse des lanceurs ou des chartes, il y a à peu près parité, mais chez nous c’est plus moderne, tous les spécialistes le savent. »

« Les armes existent pour être utilisées »

Depuis le début du conflit en Ukraine, en février 2022, Vladimir Poutine n’a cessé d’agiter la menace de l’usage de l’arme nucléaire. Le président russe a rappelé que la doctrine nucléaire de son pays prévoit le recours à celle-ci, si le pays est attaqué à l’aide d’une arme nucléaire ou de destruction massive ou si l’usage d’armes conventionnelles « menace l’existence même de l’Etat russe ».

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« Les armes existent pour être utilisées, a-t-il insisté. Nous avons nos propres principes. »

Non sans contradictions, il a démenti ce mercredi avoir songé à utiliser ces armes en Ukraine, malgré ses menaces voilées dans le passé. « Pourquoi devrions-nous utiliser des moyens de destruction massive ? Il n’y a jamais eu une telle nécessité », a-t-il déclaré.

Le président russe a également réagi pour la première fois personnellement aux propos du français Emmanuel Macron qui a dit le 26 février « ne pas exclure » l’envoi de troupes occidentales en Ukraine, estimant que cela ne changerait rien.

« S’il s’agit de contingents militaires officiels de pays étrangers, je suis certain que cela ne changera pas la situation sur le champ de bataille. C’est le plus important, tout comme l’envoi d’armes ne change rien », a affirmé le maître du Kremlin.

Kiev accusée de saper l’élection présidentielle en Russie

Si la Russie est en position de force depuis l’échec de la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023, elle ne parvient pas à vaincre l’Ukraine deux ans après y avoir envoyé ses troupes. Mais depuis des mois, l’aide occidentale envoyée à Kiev s’est ralentie, soulevant la question de la durée pendant laquelle l’armée ukrainienne peut encore tenir la ligne de front.

Lors de ce même entretien, Vladimir Poutine a d’ailleurs accusé l’Ukraine d’attaquer les régions russes pour tenter de saper l’élection présidentielle russe. Plusieurs régions russes, notamment celles de Belgorod et de Koursk frontalières de l’Ukraine, sont visées par de multiples attaques de drones ukrainiens pour le deuxième jour consécutif, avec des sites énergétiques en ligne de mire.

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 Des volontaires russes combattant pour l’Ukraine ont également affirmé mardi s’être infiltrés en Russie et avoir pris le contrôle d’un village frontalier dans la région de Koursk, une incursion que l’armée de Moscou a assuré avoir repoussée. Ces attaques s’expliquent de manière « très simple. Tout cela se passe sur fond d’échecs (ukrainiens, ndlr) sur la ligne de front », a affirmé Vladimir Poutine dans cette interview à la chaîne Rossia 1 et l’agence de presse Ria Novosti.

« Néanmoins, l’objectif principal, je n’en ai aucun doute, s’ils n’arrivent pas à saper les élections présidentielles en Russie, c’est au moins de tenter d’empêcher de manière quelconque les citoyens d’exprimer leur volonté », a assuré le président russe.

Un sommet en urgence consacré à l’Ukraine

Les dirigeants de la Pologne, de l’Allemagne et de la France vont se réunir vendredi à Berlin pour un sommet en urgence consacré à l’Ukraine, a annoncé le Premier ministre polonais Donald Tusk. « Vendredi, je serai à Berlin avec le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz pour discuter de la situation », a déclaré ce dernier, lors d’une interview à la chaîne de télévision publique TVP Info diffusée mardi soir, après sa rencontre avec le président américain Joe Biden à Washington.

(Avec agences)