Mathias Vicherat, une démission de la direction de Sciences po dans un climat de tension


Mathias Vicherat à l’Institut d’études politiques de Paris, alors directeur de l’institution, le 28 mars 2022.

Mathias Vicherat a annoncé sa démission de ses fonctions de directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et d’administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) « afin de préserver l’institution », écrit-il dans un mail envoyé à la communauté de Sciences Po, mercredi 13 mars au matin. Il y précise avoir appris que lui et son ex-compagne Anissa Bonnefont sont renvoyés devant le tribunal correctionnel après une enquête conduite par le commissariat du 7arrondissement de Paris.

Une enquête avait été ordonnée, le 4 décembre 2023, à l’issue de vingt-quatre heures de garde à vue des ex-conjoints, qui s’accusaient réciproquement de violences conjugales. Aucune plainte ou main courante n’avait été déposée de part et d’autre. Mathias Vicherat avait finalement proposé son retrait provisoire, le 11 décembre 2023, dans un message où il estimait que la fonction de direction « impose, plus qu’aucune autre, un devoir d’exemplarité ».

« Je conteste toujours les accusations de violence qui ont été formulées et diffusées à mon égard, écrit l’ex-directeur, qui rappelle qu’aucune plainte n’a été déposée. La justice permettra d’établir la réalité des faits. » « C’est moins ma personne que l’institution qui m’importe, poursuit-il, une institution admirable. » « Ce fut un grand honneur et un bonheur sans pareil que de travailler avec vous tous à son épanouissement », conclut-il.

Le directeur avait repris ses fonctions le 29 janvier, après avoir obtenu l’aval d’une commission constituée de dix membres des différents conseils de l’école. Celle-ci avait souhaité néanmoins que Mathias Vicherat se déporte des sujets relatifs aux violences sexistes et sexuelles (VSS), le temps que l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris rende ses conclusions.

« Position intenable »

En accord avec la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, une administration provisoire sera nommée dans les prochains jours, indique au Monde l’établissement. Elle assurera les fonctions de direction de l’IEP de Paris et d’administration de la FNSP, et ce, jusqu’à la nomination d’une prochaine direction. « Sa position était devenue intenable, et Mathias Vicherat était déjà complètement absent », relate Raphaël Zaouati, étudiant membre du conseil de l’Institut.

Mardi 12 mars, après l’occupation subite d’un amphithéâtre par des étudiants en défense de la Palestine dans un climat de grande tension, « la ministre de l’enseignement supérieur elle-même s’est déplacée à Sciences Po, accueillie par le secrétaire général et la présidente de la FNSP », ajoute l’étudiant : « Le numéro 2, Sergei Guriev, est sur le départ, et le secrétaire général est arrivé seulement il y a un mois… Sciences Po a besoin d’une direction forte, plus que jamais, face à tous les troubles que traverse l’école. »

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