Marco Mouly, « roi de l’arnaque » à la « taxe carbone », se rend au tribunal en vue de son incarcération


L’investisseur français Marco Mouly (à gauche) et son avocat Philippe Ohayon arrivent au tribunal judiciaire de Paris, le 13 mars 2024.

Marco Mouly, l’une des personnages principaux de l’escroquerie géante à la TVA sur le marché du carbone, n’est plus en cavale. Il s’est rendu mercredi 13 mars au tribunal judiciaire de Paris en vue de son incarcération, après la révocation partielle de son sursis ordonnée vendredi dans un autre dossier.

« Je ne vais pas en cavale, je me rends, la cavale n’existe plus », a-t-il déclaré à la presse dans le hall du tribunal. « L’estomac est là, ça fait flipper d’aller en prison », a-t-il confié, en portant deux gros sacs de voyage. « C’est un peu dur pour moi d’aller en prison » alors que « la procédure a trente ans », a-t-il ajouté.

Dans une décision rendue vendredi, une juge d’application des peines a ordonné la révocation partielle à hauteur de dix-huit mois d’une peine de trois ans d’emprisonnement, prononcée en avril 2019 par la cour d’appel de Paris, pour escroquerie réalisée en bande organisée courant 1998 et 1999. La magistrate a estimé que plusieurs obligations fixées à M. Mouly n’avaient pas été respectées.

Concernant l’obligation de travailler, l’intéressé occupait « un emploi fictif » de community manager, selon le juge, et « il a fourni à la justice des fausses fiches de paie, sur fond d’organisation bien huilée ». Dans le même temps, il a déclaré lors d’une audition travailler à un second livre et avoir décroché un rôle principal dans un film qui doit être tourné prochainement.

Sa fuite démentie

Marco Mouly, dit « Marco l’Elégant », n’a pas non plus réglé en totalité l’amende, le juge ayant relevé un reliquat de 11 569 euros à payer sur une amende de 15 000 euros. Il doit par ailleurs des sommes très importantes dans le cadre de ses autres condamnations, toutes affaires confondues, est-il relevé dans la décision. La peine de trois ans de prison était assortie d’un sursis probatoire sur une période de trois ans. La date d’expiration du délai de probation était fixée au 20 janvier 2024.

Le site Mediapart, qui l’avait contacté, avait annoncé vendredi qu’il prenait la fuite, tout en précisant ne pas être en mesure de vérifier si c’était bien le cas. Dans la soirée, Marco Mouly avait déclaré, sur la chaîne C8, que cela était « faux ».

Devant la presse, mercredi, Marco Mouly a accablé le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, auteur de cet article et de l’ouvrage D’argent et de sang (Seuil, 2018), qui a été adapté dans une série à succès sur Canal+. « Le problème, c’est que le film m’a fait très, très mal », a encore déclaré Marco Mouly. « Encore une fois, c’est basé sur des faits réels » mais la série reste « une fiction », a-t-il affirmé.

Lire la critique de la partie 1 : Article réservé à nos abonnés « D’argent et de sang » : derrière l’arnaque au bilan carbone, un juge en quête de rédemption

Le Monde avec AFP

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