Devant les députés, Vincent Bolloré, président du groupe Canal+, assume sa foi et récuse tout “projet idéologique”


L’hommes d’affaires s’est longuement exprimé, mercredi, devant la commission d’enquête parlementaire sur l’attribution des fréquences télé.


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Le président du groupe Canal+, Vincent Bolloré, avant son audience devant la commission d'enquête parlementaire, le 13 mars 2024 à l'Assemblée. (ALAIN JOCARD / AFP)

Un grand oral pour un patron normalement peu disert publiquement. Vincent Bolloré, qui contrôle le groupe Canal+, s’est affiché mercredi 13 mars devant les députés en patron “débonnaire”, sans “projet idéologique” ni interventionnisme, tout en martelant sa foi catholique, notamment en matière d’avortement.

L’avortement est “quelque chose de terrible”, “deux libertés” se “heurtent” : “la liberté des gens à disposer d’eux-mêmes” et celle “des enfants à vivre”, a estimé Vincent Bolloré devant la commission d’enquête parlementaire sur l’attribution des fréquences télé.

Il était questionné par le rapporteur Aurélien Saintoul (LFI), deux semaines après une intense polémique au sujet de l’IVG provoquée par une émission catholique de CNews, chaîne qui est dans son giron. “Il y a pas mal d’années, la femme avec qui j’étais a appris qu’elle était enceinte” alors qu’elle n’aurait pas dû, a confié ce catholique revendiqué. “Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à cette vie que j’ai contribué à supprimer”.

“Je n’ai aucun projet idéologique”

Durant plus de deux heures d’audition sous serment, le milliardaire de 71 ans a fait à plusieurs reprises référence à sa foi, lui qui est né “dans une famille catholique, bretonne, riche et célèbre” et est devenu profondément “démocrate-chrétien”. “Ce n’est pas parce que je suis chrétien que je ne peux pas parler des autres religions”, a-t-il précisé en assurant avoir “beaucoup d’amis musulmans”.

Malgré ses “convictions”, celui qui n’a plus de fonction exécutive au sein de Vivendi, propriétaire du groupe Canal+, a assuré ne pas intervenir sur les contenus des chaînes et a nié vouloir promouvoir “une idéologie” d’extrême droite, ce dont il est régulièrement accusé. “Je n’ai aucun projet idéologique, je suis tout doux et débonnaire, pas du tout un Attila”. S’il a au téléphone régulièrement Serge Nedjar, directeur de CNews, c’est, affirme-t-il, pour le féliciter des bonnes audiences de la chaîne d’info, qui talonne la numéro un BFMTV. Rodolphe Belmer, actuel PDG de TF1 et patron de Canal+ jusqu’en 2015, avait pourtant évoqué des interventions de Vincent Bolloré dans les “contenus”.



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