« J’ai toujours rêvé d’être acteur, mais j’avais honte de l’avouer »


Ben Attal, à Paris, le 26 février.

La veille du premier jour de tournage des Rois de la piste, un film de Thierry Klifa, en salle le 13 mars, Ben Attal ne se sentait pas très bien. Il s’en souvient encore. « Je dois me lever à 5 heures du mat’ pour aller à Cherbourg. Pour m’aider à décrocher de mes deux paquets de clopes par jour, ma femme m’a fait poser un fil dans l’oreille pour bloquer les récepteurs ou je ne sais quoi. Mais, sans nicotine, je fais une insomnie de fou. En pleine nuit, je la supplie de couper ce putain de fil avec un rasoir ! » Il dort à peine, prend le train. « J’ai envie de pleurer. Je pense à la première scène. C’est stressant, je dois jouer que je pécho la femme de ma vie avec une actrice que je n’ai jamais rencontrée ! Et puis, j’arrive sur le plateau, tout le monde est un ange, la vie devient agréable… »

Ainsi va Ben Attal, 26 ans, anxieux et sentimental, tatouages ici et là, un peu à cran d’avoir troqué les cendriers pleins de mégots de Marlboro sur sa table de nuit pour un raisonnable patch antitabac sous le pull-over. Le reste du tournage des Rois de la piste, comédie de braquage tendre, a filé sans heurts, le confrontant à un casting étincelant qui compose sa famille de gangsters à l’écran : Fanny Ardant à son meilleur, Mathieu Kassovitz d’une neurasthénie gracieuse, Nicolas Duvauchelle plus queer que jamais… « Des acteurs qui te font oublier que tu es en train de travailler, qui te permettent de te laisser aller à la camaraderie », salue Attal, comédien tout à l’instinct.

« Ben allie une vraie profondeur de jeu et des restes de gamin qui attend qu’on le cadre, qu’on le protège, qu’on le gronde », note Thierry Klifa, qui lui a proposé le rôle après avoir été saisi, en 2022, par son apparition dans Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain. « Protège-toi, mets de la distance », a glissé le cinéaste à celui qu’il a dirigé dans le rôle d’un fils revanchard et bouillonnant. « Il y a forcément quelque chose de nous qui filtre dans un personnage, reconnaît Ben Attal. Même Christian Bale a dû mettre de lui dans American Psycho. » Alors là, un vingtenaire énervé pris dans une relation tourmentée avec son père… « Ouais, ouais, ça a filtré ! », se marre-t-il pudiquement.

« Le métier le plus sexy du monde »

Prince héritier de la dynastie Attal-Gainsbourg-Birkin, médiatisée auprès des Français depuis des décennies, Ben Attal se dit « très famille ». Avec le phrasé d’« Yvan » et le grain voilé de « Charlotte », ainsi qu’il désigne ses parents, il évoque délicatement ce grand-père paternel qui lui a transmis le réflexe de la prière matinale, tefillin revêtus ; loue les grandes tablées et les shabbats festifs. Et laisse deviner son goût pour le foyer lorsqu’il dit fièrement « ma femme », pour glisser une anecdote sur son épouse, consultante dans le milieu du luxe, qui l’accompagne dans le café où on le rencontre.

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