une assemblée fragmentée, la gauche en recul et l’extrême droite pousse


André Ventura, dirigeant du parti d’extrême droite Chega, après l’annonce des résultats des élections législatives, à Lisbonne  (Portugal), le 11 mars 2024.

Près de 11 millions de Portugais étaient appelés aux urnes, dimanche 10 mars, pour élire les députés de l’Assemblée de la République. Cependant, aucun parti ne semble en mesure de former une majorité stable pour gouverner le pays. Ni le Parti socialiste (PS), qui a perdu 13 points par rapport aux élections législatives de 2022 (28,7 % des suffrages, 77 sièges) et sa confortable majorité absolue. Ni la coalition de centre droit Alliance démocratique (AD), arrivée en tête (29,5 %, 79 sièges), avec une avance non seulement très courte mais non définitive tant que le vote des émigrés ne sera pas comptabilisé.

A défaut de vainqueur clair, le parti d’extrême droite Chega (« ça suffit ») apparaît comme le grand bénéficiaire du scrutin. Avec 18,1 % des voix, 11 points de plus qu’en 2022, il rafle 48 sièges à l’Assemblée (sur 230), quatre fois plus. « Cette nuit, nous avons mis fin au bipartisme, s’est félicité le chef du parti, l’ancien commentateur sportif André Ventura, âgé de 41 ans. Chega voulait devenir une pièce centrale du système politique et nous y sommes parvenus. » Désireux d’entrer au gouvernement, il a usé la tribune pour faire de nouveau pression sur la coalition conservatrice AD, menée par le chef de file du Parti social-démocrate (PSD, centre droit), Luis Montenegro, avec le parti de droite Centre démocrate et social (CDS) et un petit parti monarchiste. « Seul un parti irresponsable laisserait le PS gouverner alors que nous avons la possibilité de construire un gouvernement de changement », a-t-il prévenu.

Durant toute la campagne, M. Montenegro, 51 ans, a été catégorique sur son refus de gouverner avec Chega. Dimanche soir, il a répété à ce sujet sa formule fétiche – « Non, c’est non » – tout en s’ouvrant « au dialogue et à la concertation entre partis et entre dirigeants », y compris Chega, afin d’« offrir au pays des conditions de gouvernance et de stabilité ».

Une poussée conjoncturelle ou structurelle ?

Un partisan de la coalition de centre droit Alliance démocratique (AD), arrivée en tête (29,5 %, 79 sièges), le 10 mars à Lisbonne.

Il faudra cependant attendre le 20 avril et le résultat du vote de près de 1,5 million de Portugais de l’étranger pour connaître la répartition des quatre derniers sièges et pour que le président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa nomme un premier ministre. Celui-ci devra ensuite obtenir la confiance de la Chambre. En 2022, trois des quatre sièges réservés aux nombreux émigrés portugais avaient été remportés par le PS, ce qui, si cela se reproduisait, pourrait le hisser en tête. Cependant, la forte mobilisation des « bolsonaristes » installés au Brésil, supporteurs de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, pourrait à présent favoriser Chega.

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