le propagandiste Tucker Carlson se vante d’être le seul à vouloir interviewer Poutine, les Russes démentent – Libération


Guerre entre l’Ukraine et la Russiedossier

Conservateur aux penchants pro-russes et complotistes, l’ancien de la chaîne Fox News s’est fait désavouer par le Kremlin qui assure recevoir de «nombreuses demandes d’interview du Président».

Dans une vidéo diffusée mardi sur X (anciennement Twitter) intitulée «Pourquoi j’interviewe Vladimir Poutine», le présentateur conservateur américain Tucker Carlson annonce en grande pompe qu’il est le premier journaliste occidental à avoir obtenu une interview avec le président de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.

L’ex-animateur vedette de Fox News, proche de l’ancien président républicain Donald Trump, a assuré que «les médias sont corrompus, ils mentent à leurs lecteurs et auditeurs» en déplorant que «pas un seul journaliste occidental n’avait pris la peine» d’interviewer Vladimir Poutine depuis 2022. Le Kremlin l’a vite désavoué. Mercredi, celui-ci a confirmé, par la bouche du porte-parole de la présidence Dmitri Peskov, recevoir de «nombreuses demandes d’interview du Président» de la part de médias occidentaux, démentant les propos de Carlson qui se vantait d’être le seul à vouloir parler au président russe.

Si le Kremlin s’est félicité de ce nombre de demandes, Peskov s’est empressé de rajouter que les médias occidentaux n’essayaient pas «d’avoir l’air, au moins, d’être objectif, et adoptaient une position très partiale».

La provocation de l’ex-présentateur de Fox News n’a pas tardé à faire réagir ses confrères. Christiane Amanpour, célèbre correspondante internationale de CNN, s’est insurgée : «Tucker pense-t-il vraiment que nous, journalistes, n’avons pas tenté d’interviewer Poutine tous les jours depuis le début de son invasion de l’Ukraine ?» Steve Rosenberg, journaliste de la BBC, a affirmé quant à lui avoir envoyé «plusieurs demandes» et a déploré : «Pour nous, c’est toujours non.»

Thèses complotistes et racistes

Tucker Carlson, qui a été accusé de populariser des thèses complotistes et racistes, a une «position qui contraste avec celle des médias traditionnels anglo-saxons», a estimé le porte-parole, confirmant que l’interview du président russe avait été accordée à l’animateur sans en dire plus sur la date de diffusion.

Avant d’être limogé de Fox News en avril 2023, ce dernier animait sur cette chaîne Tucker Carlson Tonight, l’une des émissions les plus regardées du câble. L’animateur y a dressé de 2016 à 2023 le portrait d’une Amérique assiégée par l’immigration, les manifestations de Black Lives Matter ou encore la bien-pensance.

Carlson, qui anime aujourd’hui une émission diffusée sur son site internet et sur X, a critiqué à plusieurs reprises ces derniers mois le soutien américain à l’Ukraine. Ce soutien fait d’ailleurs l’objet de vifs débats au Congrès américain où les républicains proches de Donald Trump refusent de débloquer de nouveaux fonds pour Kyiv, réclamés avec insistance par le président Biden et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Proche des réseaux pro-russes, accusé à de nombreuses reprises de partager des fausses informations sur la guerre en Ukraine, le présentateur conservateur a conclu sa vidéo d’annonce par un relent patriotique aux saveurs trumpistes : «Nous ne sommes pas ici parce que nous aimons Vladimir Poutine. Nous sommes ici parce que nous aimons les Etats-Unis. Nous voulons qu’ils demeurent prospères et libres.»



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