Frédéric Valletoux, un ancien journaliste devenu député nommé à la Santé



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PORTRAIT – Venu de la droite, l’ancien maire LR de Fontainebleau devenu député Horizons, est un politique aguerri doté d’une solide expérience d’élu local. Président de la Fédération hospitalière de France pendant plus de dix ans, c’est un fin connaisseur du système de santé. Mais un chiffon rouge pour les médecins libéraux.

Après trois médecins (Agnès Buzyn, Olivier Véran, François Braun), une secrétaire médicale (Brigitte Bourguignon), un ancien prof d’histoire (Aurélien Rousseau), et une pharmacienne (Agnès Firmin-le-Bodo), l’exécutif choisit cette fois-ci de mettre un ancien journaliste à la tête du ministère de la Santé. Frédéric Valletoux, nommé ministre de la Santé, a en effet commencé sa carrière à La Gazette des communes avant d’œuvrer pendant dix ans au quotidien Les Échos. Mais ces débuts journalistiques paraissent bien loin, car à 57 ans, Frédéric Valletoux a connu plusieurs carrières qui ont fait de lui un politique aguerri doté d’une solide expérience d’élu local, mais aussi un fin connaisseur du système de santé. De nombreuses cordes à son arc qui ont convaincu l’exécutif.

Sous l’étiquette UMP puis LR, ce fils d’un ancien vice-président de la banque Dexia– la banque qui avait vendu des milliers d’emprunts dits « toxiques» aux hôpitaux – , a été maire de Fontainebleau sans discontinuer durant dix-sept ans (2005-2022) et conseiller régional d’Île-de-France durant treize ans. Proche de Valérie Pécresse, il quitte cependant LR en 2016 dénonçant un durcissement du parti, pour se rapprocher graduellement de la majorité présidentielle jusqu’à rejoindre Agir (le parti de Franck Riester) en 2019, puis le nouveau parti Horizons d’Édouard Philippe en 2021. Après un parcours réalisé en grande partie à droite, il rejoint ainsi la majorité présidentielle, devenant député Horizons et porte-parole du groupe en 2022.

Frédéric Valletoux qui a de vraies convictions sur la nécessaire transformation du système de santé, espérait cette nomination tout en restant prudent, échaudé par le dernier remaniement de juillet. Déjà pressenti à l’époque pour prendre les rênes du ministère, il avait même été contacté par l’Élysée… avant de se faire supplanter au dernier moment par Aurélien Rousseau. Dans l’ombre, François Bayrou s’était opposé à sa nomination parce qu’elle aurait donné deux députés au parti Horizons d’Édouard Philippe – l’autre étant alors Christophe Béchu nommé à la Transition écologique -, tandis que son propre parti, le Modem, ne comptait qu’un ministre de plein exercice en la personne de Marc Fesneau à l’agriculture. Les vents ont tourné.

S’il n’est pas soignant, Frédéric Valletoux connaît aussi très bien le système de santé, dont il maîtrise toutes les arcanes, pour avoir présidé pendant plus de dix ans la Fédération Hospitalière de France (FHF) de 2011 à 2022. Une longue immersion dans le quotidien des hôpitaux et Ehpad publics, durant laquelle il s’est forgé de solides convictions sur les réformes à mener. Il plaide depuis des années pour supprimer les 30% d’actes redondants ou faire participer les médecins de ville à la permanence des soins. Ses prises de position ne lui ont pas fait que des amis. Les médecins libéraux voient en cet « hospitalier » un épouvantail et préviennent depuis longtemps que « sa nomination serait perçue comme une provocation ». Il faut dire que sa proposition de loi sur l’accès aux soins, votée le 18 décembre, avait mis le feu aux poudres avant d’être vidée au Sénat de ses articles les plus irritants. Voyant dans ce texte une somme de mesures coercitives et de contraintes bureaucratiques – retour des gardes obligatoires, obligation d’adhérer aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) etc. -, les syndicats de médecins avaient proclamé une grève générale le 13 octobre dernier, sur fond de négociations conventionnelles en vue d’une revalorisation tarifaire.

Pourtant, ce père de cinq enfants, passionné par la politique, les enjeux de santé et sa ville de Fontainebleau, est d’un naturel allant et sympathique. Ancien journaliste, il sait vulgariser des sujets complexes et se révèle un très bon communicant. Sans être un « techno », il maîtrise parfaitement les enjeux du système de soins. Élu local, il connaît bien les contraintes d’aménagement du territoire et la problématique des déserts médicaux. Une alchimie qui ne sera pas de trop pour répondre aux immenses défis auxquels doit faire face le monde de la santé, confronté à la pénurie de médecins, la crise des urgences, le déficit des hôpitaux, l’envolée du trou de la Sécu ou encore le manque de reconnaissance de la médecine de ville…

En première ligne durant la crise du Covid, Frédéric Valletoux avait appelé avec succès à «l’union sacrée du public et du privé» pour organiser la réponse face à l’épidémie. Confronté à une vague sans précédent de démissions des soignants au sortir de l’épidémie, il avait su défendre les intérêts des établissements publics et de leurs personnels en négociant avec le gouvernement d’importantes revalorisations salariales lors du «Ségur de la santé». « Nous sommes à la veille d’un moment historique pour notre système de santé : soit celui du relèvement, soit celui de l’effondrement. Après des années de replâtrage et de demi-mesures, le temps de l’audace est venu pour sauver un système de santé bien malade », alertait-il déjà en 2022, au moment de la présidentielle.



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