le psychanalyste mis en cause pour agressions sexuelles et «comportements inappropriés» par dix nouveaux témoignages – Libération


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Une enquête de Mediapart parue mardi 6 février au soir révèle dix nouveaux témoignages de femmes à l’encontre de Gérard Miller. Elles accusent le célèbre psychanalyste d’agressions sexuelles ou de comportements inappropriés.

Une dizaine de nouveaux témoignages, mis en lumière par une enquête de Mediapart publiée mardi 6 février dans la soirée, mettent en cause Gérard Miller. Une semaine après les révélations du magazine Elle, premier à avoir publié des témoignages de femmes accusant le célèbre psychanalyste, habitué des plateaux TV, d’agressions sexuelles et de viol. Dix autres femmes, dont trois mineures, l’accusent à leur tour d’agressions sexuelles ou de «comportements inappropriés». L’une d’elles a adressé une plainte au parquet de Paris pour des faits remontant à 1995. L’enquête journalistique révèle également la façon dont le métier de Gérard Miller a pu servir de prétexte au thérapeute, alors qu’il aurait proposé des «expériences d’hypnose» ou de «détente» à plusieurs femmes.

Juliette (1) relate dans sa plainte au parquet de Paris les événements qui auraient eu lieu à l’occasion d’une soirée avec Gérard Miller en 1995 : «Il a ouvert une bouteille de champagne. Il n’en a pas bu une goutte, j’ai bu toute la bouteille. Après, je ne me souviens plus du déroulement jusqu’à me trouver dans son lit avec lui au-dessus de moi, le sexe en érection avec un préservatif, en train de se branler.»

Des récits du même registre sont livrés par Victorine, 21 ans, et Delphine, 20 ans. La première raconte que le thérapeute lui aurait notamment touché la poitrine et les parties intimes à l’occasion d’une «expérience de détente» en 2002 ou 2003. La seconde, quant à elle, rapporte qu’il lui aurait touché l’intérieur de la cuisse alors qu’elle était venue le voir dans le cadre d’un travail sur son mémoire, en 2000. Elle a fini par «simuler un accès de folie» pour s’en aller.

«Emprise»

Les sept autres témoignages recueillis par Mediapart, dont ceux de trois mineures, décrivent des contextes similaires. Mais celles-ci ont quitté précipitamment le domicile du psychanalyste, près de la place de la Nation, à Paris – lieu où se sont déroulés l’ensemble de ces récits. Elles expliquent notamment être parties car elles se sentaient en «danger» ou «mal à l’aise», ayant l’impression de se retrouver dans un «traquenard».

Deux étudiantes de 19 ans énoncent quant à elles «l’emprise» exercée sur elles par l’homme de 50 ans, pour des faits qui auraient eu lieu en 1997 et 1998. Il aurait en effet profité de son statut et sa notoriété pour obtenir des faveurs sexuelles, l’une d’elles relevant qu’il avait «un ascendant» sur elle.

Contacté par Mediapart, Gérard Miller ne nie pas les rencontres avec ces jeunes femmes. Il assure en revanche qu’il ne reconnaît dans ces témoignages «ni [sa] façon d’être, ni [son] attitude, ni [ses] gestes, mais pas davantage [ses] expressions» et dément toute «indifférence», «mépris», «forçage ou négation de l’autre».

Trois témoignages dans Elle

Le 31 janvier, une première enquête était publiée par le magazine Elle. Elle mettait en lumière les témoignages de trois femmes, qui accusent Gérard Miller d’agressions sexuelles et d’un viol, notamment lors de séances d’hypnose. S’y trouvait notamment le récit de la journaliste et metteuse en scène Muriel Cousin, qui affirme avoir été agressée sexuellement lors d’une séance d’hypnose en 1990, alors qu’elle avait 23 ans. Il ne lui était alors pas «venu à l’esprit de porter plainte» car «à l’époque, ça ne se faisait pas».

Une autre femme dénonce quant à elle un viol en 2004, alors qu’elle avait 19 ans, après un jeu basé sur l’hypnose : «Je suis une poupée qu’on déshabille et à qui l’on peut faire ce que l’on veut.» Le troisième témoignage est celui d’une jeune femme de 19 ans à l’époque, en 1993, qui fait état d’une agression sexuelle alors qu’il la raccompagnait chez elle en voiture.

Auprès de Libération, Gérard Miller a adressé une longue lettre dans laquelle il a assuré «qu’il n’y a jamais eu quoi que ce soit qu’on puisse qualifier d’agression sexuelle ou, pire, de viol».

(1) Ce prénom a été modifié dans l’article de Mediapart.



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