dix nouvelles femmes accusent le psychanalyste d’agression sexuelle ou de viol


Dix femmes, dont trois mineures au moment des faits, prennent la parole dans Mediapart pour accuser Gérard Miller de les avoir violées ou agressées sexuellement, dans un contexte d’emprise. Le psychanalyste réfute tout acte “contraint”.

Un homme profitant de sa célébrité, de son ascendant intellectuel ou de séances d’hypnose ou un homme qui n’a “jamais contraint personne” mais qui reconnaît une “dissymétrie” “rédhibitoire” dans ces relations? Gérard Miller est au cœur d’une série de révélations. Après le magazine Elle il y a quelques jours, c’est Mediapart qui publie le témoignage de dix femmes qui accusent le psychanalyste star des plateaux télé d’agressions sexuelles et de viols.

Les faits dénoncés dans cette longue enquête remontent à 1995 et courent jusqu’à 2016. Les femmes qui témoignent ont alors entre 16 et 21 ans. Gérard Miller a lui entre 47 et 68 ans. A cette époque, le psychanalyste est connu, reconnu. D’ailleurs, le chroniqueur et professeur d’université les a abordées alors qu’elles font partie du public des émissions de télévision auxquelles il participe. Avant de se voir invitées chez lui, à son domicile parisien.

“Il y avait tout un jeu de domination”

“Il nous a proposé de boire un café”, se souvient auprès de Mediapart une femme, âgée de 16 ans à l’époque des faits, venue avec une amie, elle aussi mineure, assister à une émission. Quelques jours plus tard, les deux adolescentes sont conviées chez Gérard Miller.

“Il y avait tout un jeu de domination, il se posait en savant et nous faisait remarquer que ce qu’on disait n’était pas pertinent”, raconte la jeune femme. Le psychanalyste leur demande aussi si “elles font des trucs ‘à deux'”. Les deux jeunes filles, méfiantes, quittent les lieux.

D’autres femmes dénoncent elles aussi des comportements “louches”. C’est l’adjectif utilisé par une autre jeune fille de 17 ans, en 1996, engagée pour s’occuper du fils de Gérard Miller pendant les vacances scolaires. La jeune femme ne finira pas les deux semaines de contrat après une séance d’hypnose au cours de laquelle elle s’est sentie mal à l’aise.

“Humiliation”

Le parquet de Paris a reçu un signalement mardi 6 février d’une femme dénonçant un viol, et évoquant son intention de porter plainte contre Gérard Miller. A l’époque la jeune femme a 21 ans et le psychanalyste est son professeur à l’université. Après un premier baiser forcé, elle met les choses au clair avec ce dernier. Leurs échanges se poursuivent jusqu’à ce jour où il la fait boire au cours d’une soirée. Elle se retrouve “dans son lit avec lui au-dessus de moi, le sexe en érection avec un préservatif, en train de se branler”.

Deux autres jeunes femmes dénoncent des viols, l’une après s’être vue offrir de l’alcool au bureau de Gérard Miller. Elle évoque “l’ascendant” sur elle et la manière “choquante” dont il a abusé d’elle. La seconde évoque aussi cette absence de considération, cette “humiliation”. “Je me répétais: ‘Fais semblant de dormir, attends que ça passe'”, témoigne-t-elle aujourd’hui auprès de Mediapart.

Ces nouveaux témoignages interviennent après ceux publiés dans le magazine Elle, dans lesquels trois femmes ont évoqué des agressions sexuelles lors de séances d’hypnose.

“Dissymétrie”

Interrogé, Gérard Miller ne nie pas avoir eu de relation avec ces jeunes femmes. “Je n’ai l’intention de mettre en doute un instant l’émotion, la colère et la souffrance des femmes qui se sont adressées à Mediapart”, réagit-il dans un long communiqué transmis à BFMTV.com.

“Mais jamais je n’aurais imaginé que de m’avoir rencontré à un moment ou à un autre de leur vie produirait chez des femmes des souvenirs aussi négatifs, et que leur mémoire et la mienne pourraient à ce point ne pas coïncider”, poursuit-il.

Le psychanalyste évoque “un aveuglement collectif” d’une “génération d’hommes”. Assurant n’avoir “jamais contraint personne et convaincu d’avoir respecté tout embarras, tout refus”, il estime qu'”il y a des situations où celle qui ne manifeste d’aucune manière son refus, qui répond même oui aux questions qu’on lui pose pour s’assurer de son acquiescement, peut malgré tout se sentir dans l’impossibilité d’exprimer librement un désir qui contreviendrait à celui de l’autre.

“Il y a, objectivement, des conditions qui peuvent inhiber la parole d’une femme, à plus forte raison quand elle est, par rapport à un homme, dans une grande dissymétrie d’âge, de profession, de notoriété ou d’expérience”, conclut Gérard Miller.



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