C’est flatteur d’être comparé à Jean-Luc Delarue


Hugo Clément est un des visages de France Télévisions qu’on connaissait jusqu’à présent pour ses engagements en faveur de l’environnement, notamment avec “Sur le front” diffusé, un lundi par mois, sur France 5. Il change de registre avec une émission sociétale hebdomadaire et en direct, “Nos grandes décisions”, le mercredi en deuxième partie de soirée, sur France 2.

Dans ce concept imaginé par Thierry Ardisson, des anonymes viendront exposer une de leurs problématiques et seront aidés par des experts et le public, à prendre “la” décision qui pourrait changer leur vie. Hugo Clément précise qu’au-delà du cas individuel, les sujets abordés seront finalement des sujets de société qui concernent tout le monde, et que d’une certaine manière, l’émission “Nos grandes décisions” sera aussi l’occasion de “prendre le pouls de la société”.

franceinfo : Présentez-nous ce nouveau magazine hebdomadaire de deuxième partie de soirée qui s’appelle “Nos grandes décisions”. Ce sont des anonymes qui sont face à un dilemme et qui viennent chercher des conseils ?

Hugo Clément : Exactement. L’objectif, c’est d’aider des Françaises et des Français à prendre les grandes décisions de leur vie, qui peuvent faire basculer leur existence. On a tous été confrontés par moments à des choix. On ne savait pas quoi faire et on aurait aimé être conseillé à ce moment-là.

Conseillés par qui ? Par vous ?

Non, pas par moi. Il y a des experts en plateau, des personnalités, certaines connues des Français, certaines qui sont là parce qu’elles sont spécialistes du sujet. Ce sont ces personnalités qui viennent donner des conseils à la personne qui vient prendre sa grande décision. Et il y a aussi un élément très important dans cette émission, puisqu’on est en direct, c’est le vote des Françaises et des Français pour dire ce qu’il ferait à la place de la personne concernée.

“Le vote du public va permettre de prendre le pouls de la société sur les sujets qu’on va aborder.”

Hugo Clément

à franceinfo

Quels sont ces sujets ?

Alors évidemment, on ne va pas demander : “Est-ce que je dois quitter ma femme ?” On ne va pas être dans des questions anecdotiques, on va être dans des questions qui ont une résonance sociétale. Par exemple, mercredi soir, on aura une infirmière, aux urgences d’un l’hôpital public, qui se demande si elle doit démissionner parce qu’elle est au bord du burn-out, parce qu’elle souffre de la crise à l’hôpital.

C’est très personnel, quand même.

Oui, c’est personnel, mais c’est une question sociétale. La crise de l’hôpital public va se personnifier à travers cette infirmière. Et c’est une question que se posent malheureusement aujourd’hui des milliers de soignants à travers le pays. On sait qu’il y a un turn-over énorme dans les services d’urgences. Et donc, c’est la question que se pose cette infirmière, qui est tiraillée parce que d’un côté elle est très attachée à son métier, elle sait qu’il est utile, mais que de l’autre ça lui fait du mal physiquement et psychologiquement. C’est une question qui a une résonance sociétale et qui concerne en fait toutes les Françaises et tous les Français qui vont se faire soigner à l’hôpital.

Mais cela veut dire qu’au bout d’une demi-heure, elle doit dire : “Oui, je démissionne” ou “Non, je ne démissionne pas” ?

Oui, elle doit prendre sa grande décision en direct sur le plateau. Après, c’est une décision qui n’engage qu’elle. On n’est pas dans une émission de téléréalité, donc il n’y a pas de contrats signés. Mais il y a un suivi. On va suivre les gens qui prennent leur décision pour savoir comment ça s’est passé pour eux, pour voir comment ils ont mis en place cette décision. Peut-être parfois, savoir s’ils ont changé d’avis.

“L’objectif de l’émission, c’est qu’à la fin les téléspectateurs aient appris des choses, aient un niveau de connaissance qui soit supérieur sur les sujets de société qu’on va traiter.”

Hugo Clément

à franceinfo

Alors, on va parler de l’hôpital, mais on va aussi recevoir un homme de 77 ans, veuf, qui se demande s’il doit s’inscrire sur un site de rencontre, ou une maman qui se demande si elle doit acheter un smartphone à son fils qui entre en sixième, une question que se posent beaucoup de parents dans ce pays.

Vous fixez-vous des limites dans l’intime quand même ?

Oui, étant donné qu’on fait voter les gens en direct, il y a des questions qu’on ne peut pas poser. On ne peut pas faire voter les gens sur n’importe quelle question. On se fixe des limites, on étudie au cas par cas, mais on a vraiment l’ambition de traiter tous les sujets de société. À la fois des thèmes qui peuvent être très lourds, c’est le cas de la crise à l’hôpital, à la fois des thèmes qui sont plus légers, notamment sur l’organisation de la vie de couple ou les nouvelles formes de relations amoureuses.

Tout le monde, évidemment, fait la comparaison avec les grandes émissions de Jean-Luc Delarue, “Ça se discute” par exemple, vous inscrivez-vous dans ses pas ?

“Ça se discute” et “Nos grandes décisions” n’ont pas grand-chose à voir. Le concept est très différent, donc il n’y a pas beaucoup de points communs. Évidemment, il y a une filiation qui est celle des grandes émissions de société de France 2. D’ailleurs, on est sur la case historique de “Ça se discute”, le mercredi soir en deuxième partie de soirée, donc bien sûr, il y a cette filiation, mais je n’ai pas la prétention d’arriver à la cheville de Jean-Luc Delarue, en termes d’animation.

Vous n’avez pas revu cette émission pour vous en inspirer ?

J’en ai revues et j’en ai surtout beaucoup vues à l’époque. Évidemment, il y a une filiation et c’est plutôt flatteur d’être comparé à Jean-Luc Delarue, mais encore une fois, c’est un grand animateur et il va falloir que je fasse mes preuves.

Le premier à avoir fait la comparaison, c’est le producteur de l’émission, un certain Thierry Ardisson. Il est venu vous chercher en disant : “Tu seras le nouveau Delarue”.

Il est venu présenter, à mon producteur, Régis Lamanna Rodat, et moi, le concept de “Nos grandes décisions” et il m’a proposé de l’animer en me disant que selon lui, c’était la bonne idée que je le fasse. Je vous avoue que j’ai été un peu surpris au début, parce que je ne m’attendais pas du tout à ça de sa part. Si on m’avait dit un jour que Thierry Ardisson allait venir me proposer une émission, je ne l’aurais pas cru !

On a tout de suite été séduits par le concept. Quand vous avez quelqu’un qui vous expose une idée d’émission et que vous avez envie de la voir, c’est plutôt bon signe. On a eu envie de la coproduire et on l’a adaptée, remise aussi un peu à notre sauce avec Régis et Thierry. On a hâte d’être à demain soir.

Thierry Ardisson dit qu’entre vous, c’est un coup de foudre professionnel. C’est vrai ?

En tout cas, c’est vrai de mon côté et j’espère que c’est vrai du sien aussi ! Je le crois sincère. C’est plutôt quelqu’un qui dit ce qu’il pense. Je prends beaucoup de plaisir à travailler avec lui, parce qu’à la fois il nous apporte son expérience, sa culture immense de la télé, et des sujets de société. Et en même temps, il ne vous écrase pas avec sa stature de légende de la télé. Il ne vous explique pas que lui a raison et que vous, vous avez tort. Ce n’est pas du tout la manière de travailler de Thierry et, avant d’être un animateur, c’est un homme de concept. Il a commencé dans la publicité. Sa passion, c’est de créer des concepts et c’est ce qu’il a fait avec cette émission. C’est un vrai bonheur et un grand honneur pour moi de travailler avec lui.

Avec cette émission, voulez-vous vous éloigner de votre image de Monsieur Écolo ?

Non. L’idée n’est pas de s’éloigner de cette image, parce qu’on continue “Sur le front” tous les mois sur France 5, on continue tous les autres formats qu’on fait par ailleurs sur l’environnement et sur l’écologie. C’est juste totalement compatible. L’écologie, l’environnement est un thème de société.

Ça veut dire qu’on retrouvera ce thème probablement dans “Nos grandes décisions”.

Notamment dans “Nos grandes décisions”. Mais je m’intéresse aussi aux autres questions de société depuis très longtemps. Avant de faire de l’écologie sur France 5, j’ai été à “Quotidien” et “Au petit journal”. J’ai commencé à France 2 au journal télévisé. J’ai toujours traité les autres thèmes de société depuis le début de mon parcours professionnel et je suis content de pouvoir y revenir aujourd’hui.

Et puisqu’on a cité “Sur le front”, quel sera le thème du prochain numéro ?

Il sera consacré aux forêts françaises. C’est une émission qui s’intitule “La face cachée des forêts françaises” et c’est une grande enquête sur l’état de nos forêts, sur ce qu’il s’y passe dans le secret des bois. Il y a des révélations assez incroyables dans cette enquête, qui sera diffusée très prochainement sur France 5.

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