Le recteur de l’académie de Paris démissionne, après l’échec de son projet de réforme des classes préparatoires


A droite, le recteur de l’académie de Paris, Christophe Kerrero, à l’université de la Sorbonne à Paris, le 25 août 2022, lors de la réunion de rentrée des recteurs.

C’est une décision rarissime pour un recteur, celui de Paris étant considéré comme l’un des plus hauts cadres de l’éducation nationale. Sur fond d’échec de son projet de réforme des classes préparatoires dans la capitale destiné à introduire davantage de mixité sociale, le recteur de Paris, Christophe Kerrero, a annoncé, vendredi 2 février, quitter ses fonctions dans une lettre au personnel de l’académie. Ancien directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer, il occupait ce poste depuis juillet 2020.

Cette annonce survient après la suspension mercredi par le ministère de l’éducation d’un projet du rectorat visant à fermer plusieurs classes préparatoires à la rentrée 2024 et en ouvrir trois autres à vocation « plus sociale » dont l’une au lycée Henri-IV pour des futurs professeurs des écoles et deux pour des lycéens professionnels.

« Je quitte aujourd’hui mes fonctions de recteur de l’académie de Paris, quand notre école est en proie au doute et que la situation exige pourtant une mobilisation de chacun de ses acteurs », écrit M. Kerrero dans sa lettre au personnel de l’académie.

Selon une source proche du rectorat, « M. Kerrero ne pouvait pas continuer à porter la carte scolaire après que la ministre Oudéa-Castéra l’a désavoué sans l’en prévenir dans une instance qui est le conseil supérieur de l’éducation ».

L’annonce intervient alors que les spéculations vont toujours bon train sur le maintien à son poste d’Amélie Oudéa-Castéra, à quelques jours de nouvelles nominations pour compléter le gouvernement et après une série de polémiques visant la nouvelle ministre de l’éducation nationale, autrice de déclarations controversées sur l’école publique. Interrogée vendredi matin sur TF1, avant l’annonce de M. Kerrero, la ministre a assuré ne pas « song[er] à démissionner ».

Elle a ensuite « pris acte » de la « démission » du recteur dans un message sur X dans lequel elle salue « son parcours exemplaire et son engagement en faveur de la mixité sociale ». « Nous poursuivrons, comme je m’y suis engagée, l’ensemble des chantiers qu’il a impulsés en faveur de l’égalité des chances », écrit la ministre.

« Fragilisation des parcours littéraires »

Dans un message transmis à la presse, l’entourage de Mme Oudéa-Castéra annonce que « la ministre prend acte de sa décision et remercie Christophe Kerrero pour son action et son engagement reconnus en faveur de l’éducation nationale ». « Toutes les mesures de soutien des élèves en termes de promotion et de mixité sociale prises par le recteur de Paris sont soutenues et financées. Elles seront toutes réalisées », selon la même source.

« Le rectorat de Paris avait envisagé trois fermetures de classes pour financer ces initiatives. La ministre assume son choix de lancer un moratoire sur ces fermetures, et de soutenir ainsi plus fortement encore le projet social du rectorat et l’offre existante », a-t-on complété.

Le Monde

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Le rectorat avait décidé de fermer trois classes préparatoires aux grandes écoles : une prépa aux écoles de commerce (prépa ECG) au lycée Jacques-Decour, dans le 9arrondissement, une classe de première année littéraire (hypokâgne) au lycée Lamartine (9e) et une de deuxième année littéraire (khâgne) au lycée Chaptal (8e). L’annonce de ces fermetures avait mobilisé ces dernières semaines enseignants et élèves, avec une pétition « contre la fragilisation des parcours littéraires ».

« Que la ministre tranche dans le sujet de la carte nationale des classes prépas, cela fait partie de ses prérogatives, mais cela aurait pu être amené autrement », a réagi auprès de l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU pour les collèges et lycées. Jean-Rémi Girard, du Snalc, confirme : « Nous souhaitions qu’il n’y ait pas de fermeture de ces classes prépas, mais je suis certain que des marges budgétaires étaient possibles à trouver pour ouvrir celles que proposaient M. Kerrero, qui en plus se tournaient vers les lycéens professionnels. »

Le Monde avec AFP





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