Free lance sa nouvelle box et casse les prix du streaming vidéo


Révolution ou pas révolution ? Réputé depuis les années 2000 pour ses lancements de box Internet bousculant régulièrement le marché français des télécoms, Free et son patron Xavier Niel étaient attendus au tournant pour le lancement de la nouvelle Freebox, mardi. L’enjeu : faire oublier la commercialisation décevante de la dernière itération haut de gamme en 2018, la box Delta.

A l’origine tout de même, selon le groupe, de presque 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, cette Delta laisse maintenant la place à la Freebox Ultra. « C’est une offre de malade, du jamais-vu », est venu appuyer Xavier Niel dans l’auditorium du siège parisien de Free, après une présentation sur écran géant.

Un catalogue de streaming jamais vu

Son tarif marquera sans doute une nouvelle fois les esprits, alors que le groupe s’est fait une spécialité de casser les prix du secteur des télécoms. Non pas parce qu’il se démarque du reste du secteur à ce niveau de gamme. A 50 euros par mois la première année puis 60 euros les suivantes, il est même supérieur à celui de la Delta et largement au-dessus des 30-35 euros en moyenne d’un forfait Internet fixe en France… Mais cette mensualité inclut un bouquet jamais vu de plateformes de streaming.

Tandis que ses rivaux laissent leurs clients souscrire de leurs côtés aux diverses plateformes audiovisuelles (comme Orange) ou proposent une courte période de gratuité suivie d’un tarif préférentiel (SFR et Bouygues Telecom), Free donne accès aux clients de sa nouvelle box aux formules incluant des publicités de Netflix et Disney+. Jusqu’ici, la Delta ne proposait que Netflix et la plateforme de presse en ligne Cafeyn. Celle-ci reste aussi inclue dans l’offre.

Mais ce n’est pas tout. Outre Amazon Prime Video et Universal+ (13ème Rue, Syfy), les abonnés pourront aussi profiter des productions originales françaises, des films récents et des retransmissions de sport de la chaîne Canal+ en live (et non en « à la demande »). C’est la première fois que la filiale de Vivendi distribue sa chaîne au sein d’un package d’opérateurs télécoms. « La grande majorité de nos contenus reste consommée en direct, nous nous sommes donc focalisés sur une offre en live exclusive pour les abonnés de Free. La chaîne Canal+ en live à 15,99 euros par mois [avant prise en charge par Free, NDLR], c’est une première », explique Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+.

Internet haute qualité

Selon les calculs de Free, les inscriptions sur tous ces services de streaming combinées au coût d’accès à un Internet promis de haute qualité (fibre 10 Go et dernière génération de wi-fi) coûteraient 140 euros. Mais le groupe brandit l’attractivité de sa marque pour expliquer sa capacité à négocier des accords inédits avec les géants des contenus. Son ADN de l’internalisation – la box est faite maison – justifierait sa capacité à proposer des prix bas tout en restant rentable. Une offre à 40 puis 50 euros par mois existe aussi, sans les contenus des plateformes.

La Freebox Ultra permet aussi à Free de montrer ses enseignements de l’expérience Delta. Exit les assistants vocaux, l’enceinte Devialet et les services domotiques. Le groupe revient aussi à une pratique commerciale plus traditionnelle dans les télécoms, où la box est louée et non achetée.

Performance commerciale

Pour Free, ce lancement intervient dans une période clémente sur le plan des recrutements d’abonnés. Alors que le lancement d’une box dans les télécoms permet traditionnellement à un opérateur de se relancer, le numéro trois du marché français jouit déjà d’une dynamique favorable, profitant largement des décisions de ses concurrents.

« Tous les jours, ils augmentent leur prix et pouf, on récupère des abonnés. Je ne sais pas comment les remercier », s’amusait Xavier Niel en début de semaine lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

La tendance est particulièrement forte sur le marché mobile, où Free s’est engagé à ne pas augmenter ses prix hors options jusqu’en 2027 (+500.000 abonnés sur les trois premiers trimestres de 2023, à comparer à un total de plus de 14 millions). Mais l’opérateur performe aussi sur le fixe. Cet été, il a dépassé le cap des 5 millions d’abonnés à la fibre optique pour 7,2 millions d’abonnés fixe au total. A comparer aux 15 millions d’abonnés d’Orange en France sur le fixe, aux 6,5 millions d’abonnés de SFR et aux 4,8 millions d’abonnés de Bouygues Telecom.



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