Le Burkina Faso, le Mali et le Niger annoncent leur retrait de la Cedeao


Les premiers ministres du Burkina Faso, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla (à gauche), du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine (au centre), et du Mali, Choguel Kokalla Maiga (à droite), à Niamey, le 29 décembre 2023.

Dans un communiqué conjoint diffusé, dimanche 28 janvier, les régimes militaires au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger annoncent leur retrait, avec effet immédiat, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Cette organisation sous-régionale était jusqu’à présent composée de quinze membres.

Les dirigeants respectifs des trois Etats sahéliens, « prenant toutes leurs responsabilités devant l’histoire et répondant aux attentes, préoccupations et aspirations de leurs populations, décident en toute souveraineté du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest », dit le communiqué lu sur les médias d’Etat de ces pays.

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Coups d’Etat

Les trois pays, confrontés à des problématiques similaires d’insécurité, de djihadisme et de pauvreté, ont, depuis que des militaires ont pris le pouvoir par la force, en 2020 au Mali, en 2022 au Burkina Faso et en 2023 au Niger, des relations tendues avec la Cedeao. Ils accusent notamment l’organisation de ne pas les avoir aidés face aux djihadistes qui sévissent depuis 2012, au Mali d’abord, puis aussi chez ses deux voisins, faisant des milliers de morts, combattants et civils, et provoquant le déplacement de millions de personnes.

De son côté, la Cedeao essaie d’endiguer les coups d’Etat et de pousser au retour, le plus vite possible, des civils au pouvoir. Elle a notamment pris de lourdes sanctions en ce sens contre le Mali et le Niger et est allée jusqu’à menacer de recourir à la force dans ce dernier pays. Elle a suspendu les trois pays de ses organes. La Cedeao, « sous l’influence de puissances étrangères, trahissant ses principes fondateurs, est devenue une menace pour ses Etats membres et ses populations », fustigent le Burkina, le Mali et le Niger dans leur texte commun.

Le retrait de la Cedeao est le dernier acte de rupture en date de leur part. Ils ont poussé les ambassadeurs et les forces françaises vers la sortie et se sont tournés politiquement et militairement vers la Russie. Fin décembre, les trois régimes avaient annoncé leur volonté de renforcer leur coopération, en s’en prenant alors à la Cedeao. « Si notre peuple dit “nous voulons être gouvernés par un militaire”, pourquoi nous allons le refuser ? Pourquoi la Cedeao doit avoir son œil sur la façon dont nous devons nous gouverner ? », a notamment interrogé le premier ministre burkinabé, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla, au cours d’une conférence de presse commune avec ses homologues malien et nigérien, le 30 décembre à Niamey.

La Cedeao prête à trouver une « solution négociée »

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’est déclarée, dans un communiqué, prête à trouver « une solution négociée », après l’annonce de retrait de l’organisation du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Ces trois pays sont « des membres importants de la Communauté », qui « reste engagée à trouver une solution négociée à l’impasse politique » créée par l’annonce de leur retrait, dimanche, dans un communiqué commun. La Cedeao dit attendre encore « la notification formelle et directe » de cette décision.

Le Monde avec AFP



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