Open d’Australie. Djokovic subit un revers en demi-finales


Du haut de ses 36 ans, le n° 1 mondial serbe aux 24 trophées en Grand Chelem et aux 10 titres dans le Majeur australien est tombé face à Sinner, de quatorze années son cadet. L’Italien, n° 4, affrontera le Russe Medvedev, n° 3, dimanche (9 h 30 heure française) en finale.

Novak Djokovic, décuple lauréat de l’Open d’Australie et qui n’y avait plus perdu depuis cinq années, s’est incliné en demi-finales devant Jannik Sinner, vendredi. Le Serbe de 36 ans, n° 1 mondial, battu (1-6, 2-6, 7-6 [8/6], 3-6) en un peu moins de trois heures et demie par l’Italien de 22 ans, n° 4 au classement ATP, briguait un 25e sacre inédit dans les Majeurs – Internationaux d’Australie, de France (Roland-Garros), de Grande-Bretagne (Wimbledon) et des États-Unis (US Open) –, lui qui partage le record absolu avec l’Australienne Margaret Court.

« C’est l’un des pires matches que j’aie joués en Grand Chelem, estime le vaincu. J’ai été choqué par mon niveau, dans le mauvais sens. » Il souligne néanmoins : « Cela ne veut pas nécessairement dire que c’est le début de la fin . J’ai toujours des ambitions élevées pour les autres Grands Chelems, pour les JO (de Paris-2024) et les autres tournois que je disputerai. Ce n’est que le début de la saison. »

N’empêche, le vainqueur a frappé fort, au propre comme au figuré, réussissant quelque chose que personne n’avait jamais réalisé jusque-là, à savoir stopper Djokovic une fois qu’il a atteint le dernier carré de l’Australian Open, devenu sa chasse gardée dans des proportions pas si éloignées de l’Espagnol Rafael Nadal à Roland-Garros (14 couronnes). À chaque fois qu’il s’était hissé en demies – à dix reprises –, le Belgradois avait conclu la quinzaine melbournienne le trophée entre les mains. Il restait ainsi sur 33 parties gagnées consécutivement dans cette épreuve. Sa dernière défaite remontait à 2018, en huitièmes de finale, contre le Sud-Coréen Hyeon Chung (6-7, 5-7, 6-7). Il devait ensuite collectionner quatre titres de plus en cinq éditions. Seule exception : 2022, l’année de sa rocambolesque expulsion du pays, faute de vaccination contre le Covid-19.

Pour la première fois dans un Grand Chelem, Djokovic a traversé un match sans se procurer la moindre balle de break

« Évidemment, ça veut dire beaucoup pour moi de battre Novak ici. Mais le tournoi n’est pas terminé, tempère Sinner. Il y a une finale dimanche, j’ai hâte d’y être. » Au-delà du résultat, c’est la manière qui interpelle. Car, pour la première fois dans un Grand Chelem, Djokovic a traversé un match sans se procurer la moindre balle de break.

Lorsque, après 73 minutes, l’enfant de San Candido (Trentin-Haut-Adige) menait déjà 6-1, 6-2 et que son rival, méconnaissable sans explication manifeste, était comme anesthésié et multipliait les fautes directes, souvent tôt dans l’échange, il fallait se pincer pour y croire. Rien, en effet, ne laissait imaginer une telle faillite de ce dernier, encore moins dans son jardin de la Rod Laver Arena, même devant le seul joueur à l’avoir dominé entre Wimbledon-2023 et la fin de l’année, deux fois en dix jours : en phase de poule du Masters et en Coupe Davis. Au bord d’un revers en trois manches, confronté à une balle de match à 5 points à 6 dans le jeu décisif, Djokovic est parvenu presque par miracle à retarder l’échéance.

Un Medvedev renversant

Le Russe Daniil Medvedev (27 ans), n° 3 mondial, est venu à bout de l’Allemand Alexander Zverev (26 ans), n° 6, après avoir été mené deux sets à zéro (5-7, 3-6, 7-6 [7/4], 7-6 [7/5], 6-3). Une qualification vraiment loin d’être évidente pour le vainqueur de l’US Open 2021 (aux dépens de Novak Djokovic) lorsqu’il commit une double faute dans le jeu décisif de la quatrième manche, permettant à son adversaire d’être à deux points d’une première finale à Melbourne. Mais, face à un Hambourgeois fébrile au moment de conclure, le Moscovite a su accélérer pour recoller puis égaliser. Avec deux tie-breaks concédés, le coup était trop rude pour Zverev, qui a fini par craquer.

« J’étais un peu perdu et, dans le troisième set, je me suis dit que je voulais au moins être fier de moi
si je venais à perdre, me battre jusqu’à la fin, sur chaque point. Si ça ne marchait pas, j’aurai essayé. Ça a marché, j’ai commencé à faire de meilleurs coups et à mieux servir », confiera Medvedev après la rencontre.

Daniil Medvedev a signé un succès inespéré à 5-7, 3-6, 6 partout.
Daniil Medvedev a signé un succès inespéré à 5-7, 3-6, 6 partout. – AFP

Au deuxième tour, le protégé de l’entraîneur français Gilles Cervara, installé sur la Côte d’Azur depuis plusieurs années et parfaitement francophone, avait pareillement retourné la situation face au Finlandais Emil Ruusuvuori (3-6, 6-7 [1/7], 6-4, 7-6 [7/1], 6-0). Ce sera sa sixième finale en Grand Chelem, après celles à l’US Open (2019, 2021, 2023) et ici même (2021, 2022).





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