«Ma victoire sur le PGA Tour est un rêve qui devient réalité»


Premier Français vainqueur sur le circuit professionnel américain depuis 117 ans, le Bordelais a réalisé un authentique exploit sur le parcours de Torry Pines (Californie). Toutefois, il n’oublie pas que rien n’a été facile auparavant.

Tout sourire, Matthieu Pavon s’est prêté de bon cœur au jeu des questions-réponses avec les journalistes lors de la conférence de presse organisée après sa victoire au Farmers Insurance.

Que ressentez-vous après votre victoire au Farmers Insurance, alors que vous êtes nouveau sur le PGA Tour ?

Matthieu PAVON. – Je n’arrive pas à le croire. Comme je l’ai dit, j’ai l’impression qu’il reste un tour à jouer puisque nous ne sommes que samedi ! (rires) Je ne pensais un jour avoir l’opportunité de jouer aux États-Unis sur le PGA Tour avec les meilleurs joueurs du monde. Cela a toujours un rêve pour moi. Et puis il y a eu un coup à jouer et je l’ai saisi. Le rêve est devenu réalité. C’est vraiment difficile à croire pour moi.

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit, à chaud ?

C’est incroyable pour moi de gagner un tournoi sur le PGA Tour. C’est un rêve de gamin. Je pars de loin. Jamais je n’aurais pensé gagner un tournoi un jour aux États-Unis. C’est beaucoup de travail. Le golf nous remet à notre place. Cela a été beaucoup d’échecs. J’ai la chance d’être très bien entouré dans la vie avec ma femme, mon fils, mes amis, mon staff… Toute l’énergie que je peux avoir le dernier jour lors d’un tournoi de golf, je viens la puiser chez eux (…) Je voudrais faire un clin à Thomas Levet, ce grand bonhomme qui m’a accueilli chez lui à l’âge de 17 ans quand je suis venu pour la première fois aux États-Unis. Il a tout suite cru en moi. (…) Il y a tellement de personnes à remercier que j’en oublie…

« Je me suis refroidi les idées et je me suis dit : « Allez, c’est le moment du show maintenant. Respire bien et fais du mieux que tu peux. »

Qu’est-ce qui a fait la différence sur le retour lors du dernier tour ?

C’est une question de motivation. Il était important pour moi d’avoir les idées claires. J’avais pris des notes sur mon carnet de parcours auxquelles je me suis attaché pour rester dans l’instant présent. Lors d’un parcours, parfois, l’esprit s’envole un petit peu et c’est difficile de se reconcentrer. Je pense que c’est essentiel dans le sport : plus vous êtes confiant, plus cela peut devenir facile. Les gens ne se rendent pas compte, mais j’ai relu ces petites phrases une centaine de fois lors des six derniers trous (rires). Je me suis resté concentré là-dessus, je me suis refroidi les idées et je me suis dit : «Allez, c’est le moment du show maintenant. Respire bien et fais du mieux que tu peux.»

Quel regard portez-vous sur le fait d’avoir rejoint le PGA Tour depuis le DP World Tour ?

Ce n’était pas mon objectif la saison dernière. Je n’avais aucune victoire en Europe, j’avais passé sept ans à jouer pour tenter de remporter un premier succès. C’est venu petit à petit, avec cette victoire en Espagne qui est tombée à pic. J’ai compris que j’étais capable de faire de bonnes choses. La confiance en moi a augmenté. Et nous avons décidé de mettre en place de nouvelles choses qui allaient dans le bon sens avec mon staff. Lors de la finale du DP World Tour à Dubaï, j’étais sur un nuage, en orbite (pour arracher la dernière place qualificative pour le PGA Tour, Mathieu Pavon a réussi 4 birdies consécutifs sur les derniers trous du dernier tour, ndlr). C’était incroyable. En arrivant aux USA, j’ai juste essayé de profiter de chaque moment.

« J’adore les États-Unis : la mentalité, le sport, la vie des gens… Je me sens à moitié américain, en quelque sorte. »

Comment est votre vie aux États-Unis ?

La première fois que je suis venu ici, j’avais dix-sept ans. J’avais fini le lycée. Je me demandais si je devais venir au College aux États-Unis ou m’entraîner pour passer pro ? Je suis venu pour m’entraîner à West Palm Beach avec Ken Martin… Mon meilleur classement amateur à l’époque devait être 800e mondial (rires). Je n’ai jamais été un très bon joueur quand j’étais plus jeune avant de devenir pro pour être honnête. Depuis, c’est donc un rêve pour moi de revenir y jouer. J’adore les États-Unis : la mentalité, le sport, la vie des gens… Je me sens à moitié américain, en quelque sorte. Je ne ressens aucune pression en jouant ici. C’est juste une opportunité. Si je me rate, je rentre en Europe et voilà. J’essaye de faire de moins mieux, je profite de tous ces moments spéciaux – et ils le sont, je vous le dis ! – et cela semble fonctionner.

L’adaptation se passe donc bien…

Ce n’est pas une question d’adaptation pour moi. Je savais que j’allais être à l’aise. Comme je vous le dis, j’aime tellement cette vie, l’Amérique et le PGA Tour. La clé est de continuer à faire ce que je fais, ne rien changer. Se donner un peu de temps pour voir si mon jeu peut rivaliser avec celui des meilleurs. C’est incroyable de gagner lors de mon troisième tournoi cette année.

Une invitation aux Masters vous tend désormais les bras…

Je ne le savais pas. Je pense que je vais encore apprendre pas mal de bonnes nouvelles d’ici demain. Je n’ai pas les mots, je perds un peu pied. C’est beaucoup d’émotions… Je suis très fier de ce que j’ai accompli ces derniers jours.

Pensez-vous aux Jeux olympiques de Paris ?

J’ai un très bon ami, Julien Quesne. Il est mon mentor, pour dire vrai et il le reste. Il a participé aux JO de Rio en 2016 et il m’en a parlé en me disant combien c’était cool. C’était un de mes objectifs cette année : me qualifier pour représenter mon pays à Paris en 2024. Cela semble bien engagé maintenant…

Est-ce important pour gagner de venir d’une famille comme la vôtre pour gagner ?

Je viens d’une famille avec un passé très sportif. Ma mère est enseignante de golf, mon père a été footballeur professionnel. Il a gagné le championnat de France quand j’étais jeune. On avait une cassette VHS avec les meilleurs moments de cette saison et nous l’avons sûrement regardé une centaine de fois avec mes frères. J’ai grandi avec ça dans ma famille. Ce que je peux dire, c’est que cela m’a donné des valeurs comme le goût de l’effort et l’humilité. «Fais du mieux possible et joue ton meilleur coup à chaque fois que tu frappes la balle.»

(Propos tenus en conférence de presse)



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