“Griselda” : Netflix adapte sans fougue l’histoire de la baronne de la drogue


Dans cette mini-série de six épisodes, l’équipe de “Narcos” s’intéresse au parcours de la Colombienne Griselda Blanco, à l’origine de l’un des cartels les plus puissants de l’histoire.

Elle fut surnommée La Reine de la coca, La Veuve noire ou bien encore La Marraine, eut pour Pablo Escobar le rôle de mentor, et pour le trafic de drogue celui de papesse. Griselda Blanco, narcotrafiquante colombienne assassinée en 2012 à Medellín, fait l’objet d’une série 100 % netflixienne, retraçant son irrésistible ascension et son inéluctable chute dans le Miami cocaïné et hyper violent de la fin des années 1970 et du début des années 1980. 

Pilotée par Eric Newman et Doug Miro, deux tauliers de Narcos – dont elle est, sinon une série dérivée, du moins une sorte de prolongement – Griselda trouve sa voie propre dans l’identité de son héroïne : une femme, à la fois mère de famille aimante et cheffe de guerre inflexible, évoluant dans un monde d’hommes, souvent machistes au dernier degré, et invariablement impitoyables. La Madrina devra donc redoubler de vice et de cruauté pour s’imposer à la tête d’un puissant cartel, et extirper son clan d’une guerre des trafiquants dosée en hémoglobine, qui voit les cadavres s’empiler sur fond de sunsets floridiens et d’Italo disco rutilante. 

Inspirée de faits réels

Solidement ouvragée, Griselda ne devrait pas dépayser les amateur·ices du genre, familier·ères des faits d’armes de Pablo Escobar (Narcos) et des règlements de compte sanglants des cartels mexicains (Narcos : Mexico). C’est d’ailleurs le reproche majeur qu’on peut adresser à cette série en pilote automatique, qui réemploie tous les ingrédients de ses aînées sans questionner le bien-fondé d’une telle redite, ni même interroger la saturation de violence, copieusement fétichisée, qu’elle met en scène. 

Mondialement connue pour son rôle de Gloria dans Modern Family, Sofia Vergara s’en tire avec les honneurs dans le rôle-titre en dépit des prothèses, franchement dispensables, qui figent son visage, et participent à ce sentiment d’artificialité qui contamine insidieusement la série. C’est que la recette Netflix, labellisée “inspirée de faits réels”, finit par épuiser le réel dont elle s’inspire, ou, pire, le plie à sa volonté, à force de formatage. Rise en fall extrêmement balisé, Griselda n’échappe pas à la sentence. 

Griselda de Eric Newman et Doug Miro avec Sofia Vergara sur Netflix



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