REPORTAGE. Agricultrice tuée en Ariège : “Nous sommes anéantis”… vive émotion dans le village de la victime


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L’émotion était vive, ce mardi, dans les rues de Saint-Félix-de-Tournegat (Ariège), où les proches d’Alexandra Sonac étaient réunis 

Saint-Félix-de-Tournegat s’est réveillé en plein drame, ce mardi matin, et s’est recroquevillé sur sa douleur, sans trouver les mots pour le dire. Dans les rues du bourg, qui s’enroulent autour d’une petite église romane, les fenêtres sont closes, les visages fermés. « Nous sommes anéantis, nous ne pouvons pas vous parler », lâche une adjointe au maire. L’élue renvoie les journalistes sur le numéro de portable de la communication de la préfecture, et ne dira pas un mot de plus. Quelques minutes plus tard, les gendarmes arrivent, pour éviter que les proches d’Alexandra Sonac soient importunés.

Au volant d’un petit utilitaire qui a déjà vécu, un papy stoppe quelques instants sur la place centrale du bourg. « Je suis très malheureux » résume, au bord des larmes, cet ancien du village, la gorge nouée, avant de s’éloigner à son tour.
« C’est un drame terrible », a confié Sébastien Durand, le maire du village, vice-président départemental de la FDSEA (fédération des syndicats d’exploitants agricoles), lors d’une conférence de presse organisée devant la mairie des Pujols, où le monde agricole ariégeois s’est réuni, hier, en fin d’après midi, pour un moment de recueillement.

« Engagés, dynamiques et volontaires »

« Je suis tout particulièrement touché par ce drame : Jean-Michel Sonac est l’un de mes conseillers municipaux, a rappelé Sébastien Durand. Il est très investi dans la vie de la commune. C’est une famille très engagée, dynamique et volontaire. Ils ont su faire évoluer leur exploitation agricole. Ils sont fiers de leur métier, fiers de nourrir la France ».
« Nous étions ensemble sur les bancs du lycée, se souvient Clémence Biard, présidente du CDJA 09 (centre départemental des jeunes agriculteurs), bouleversée également. Alexandra avait déjà cette force et cette âme qu’elle mettait dans tous ses combats, dans son métier comme dans l’action syndicale. Elle était de toutes les luttes, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle ait choisi de passer cette nuit de lundi à mardi au cœur de la mobilisation ».

Mère de deux filles et âgée de 35 ans, Alexandra Sonac s’était installée en 2016 en tant qu’agricultrice. Elle était originaire de Marseille mais avait fait ses études au lycée agricole de l’Ariège, à Pamiers. Elle avait découvert le métier d’agricultrice lors d’un stage de troisième dans les Hautes-Alpes et avait poursuivi ses études au sein du lycée agricole de Pamiers : « Mes grands-parents avaient une maison secondaire en Ariège. Je connaissais l’Ariège depuis longtemps et j’ai décidé de m’inscrire au lycée agricole de Pamiers et de poursuivre ma voie dans l’agriculture », avait raconté la jeune femme à nos confrères de Terres Ariège. Avec son mari, elle dirigeait un élevage de vaches limouxines. Le Gaec de Lescure est également spécialisé dans la production de maïs semences.

« C’était une personne très impliquée dans le monde agricole, très dynamique », confie l’un des voisins d’Alexandra Sonac à Saint-Félix-de-Tournegat. « On la voyait toujours sur les routes, en train de courir entre les vaches et le maÏs, elle travaillait tout le temps et dans toutes les conditions, et quand on se retrouvait le soir, elle avait encore une pêche incroyable », ajoute Aurélie, l’une de ses amies, coiffeuse au village voisin de Valls, citées par « Le Parisien ».. « Alexandra était une personne vraie, impliquée dans énormément de choses, très passionnée par la chasse », a confié sur BFM Jérôme Bayle, ami de la victime et figure de la mobilisation sur un autre barrage agricole, celui qui bloque l’A64 Toulouse-Bayonne depuis jeudi soir. « C’est dramatique d’en arriver là »., a-t-il confié.



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