Xavier Giannoli clôture avec panache la saga de l’arnaque aux droits à polluer


Simon Weynachter (Vincent Lindon) et son adjoint Thomas Laffin (Matthias Jacquin), dans la partie 2 de la série de Xavier Giannoli, « D’argent et de sang ».

CANAL+ – LUNDI 22 JANVIER À 21 H 10 – SÉRIE

En octobre, les six premiers volets de la série de Xavier Giannoli, inspirée de l’arnaque aux quotas carbone, avaient surpris – il n’est pas courant que la fiction française s’empare du réel avec autant de romanesque.

Près de trois mois plus tard, les six épisodes suivants de D’argent et de sang confirment les grandes ambitions du cinéaste, qui étire jusqu’à l’os une histoire qui n’en demandait peut-être pas tant. Mais on sent chez Giannoli, qui s’est appuyé sur le livre-enquête du même nom de Fabrice Arfi (Seuil, 2018), une volonté de faire entrer dans la série un maximum de détails sur cette fraude à la TVA qui a permis à une poignée d’escrocs d’empocher près de 5 milliards d’euros, au détriment des Etats et du contribuable.

Ceux qui en ont profité sont pour la plupart issus de la communauté séfarade parisienne et gravitent autour du tandem désassorti formé par un petit voyou de Belleville, Alain Fitoussi (Ramzy Bedia) et Jérôme Attias (Niels Schneider), un tradeur sans morale qui doit tout à la fortune de son beau-père.

« Un technicien de l’enquête »

Quand commence la seconde partie de la série, l’arnaque bat son plein, et sa simplicité – il s’agit en gros d’effectuer des transactions factices sur le marché des droits à polluer, puis d’empocher la TVA versée par l’Etat français et de blanchir enfin l’argent sur des comptes à l’étranger – fait des envieux.

Beaucoup veulent leur part du gâteau, et la naïveté des crapules de Belleville, qui ne voient pas plus loin que « les putes et les blousons Gucci », les empêche de mesurer les risques qu’ils prennent. Un règlement de comptes sanglant ne leur met pourtant aucun frein. Il faudra compter sur la patience et la méticulosité du douanier Simon Weynachter (Vincent Lindon), pour venir à bout de la lenteur des procédures, des faiblesses de la coopération internationale et de l’évanescence de Fitoussi et Attias, malgré leur train de vie digne de stars du rap.

Lire la critique de la partie 1 : Article réservé à nos abonnés Derrière l’arnaque au bilan carbone, un juge en quête de rédemption

« Je suis un technicien de l’enquête, l’obsession n’a rien à voir avec tout ça », prétend Weynachter. Dans cette deuxième partie, la colère froide du fonctionnaire change de nature et s’élève vers un sentiment plus existentiel, celui de rétablir l’ordre des choses et de renouer avec ses origines juives à travers le « Tikkoun Olam » – « réparer le monde », dans la religion juive.

Il entraîne avec lui sa fille, une junkie qui se donne une ultime chance de décrocher, comme pour lui montrer que c’est pour mener ce type de combat qu’il fut, autrefois, un mari et un père absent. Plus que les outrances de Fitoussi et Attias, sur lesquelles la série s’égare sur sa fin, ce « Tikkoun Olam » est la conscience de la série et son point le plus intéressant.

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