le futur survival à la mode ?


Plus les heures défilent et plus Enshrouded nous envoute grâce à sa formule maitrisée qui concilie avec brio les différents genres qu’il présente : exploration, survie, fabrication et combat. La concurrence voit souvent l’une des facettes prendre le pas sur le reste. Rares sont les titres à offrir une telle homogénéité sur l’ensemble de sa proposition, ce que réussit le prochain Keen Games, disponible ce jour en accès anticipé. On vous dit pourquoi vous devriez vous y intéresser et lui donner sa chance.

Le monde d’Embervale prospère. Lors d’une cérémonie au palais royal, un cadeau est fait au souverain : l’Élixir. Son pouvoir fascine le peuple qui commence à lui vouer un culte aveugle et sans limite, mais la suite est bien plus tragique : cet artefact libère une malédiction — la Brume — effaçant progressivement toute vie humaine de la surface de la Terre. Sentant la fin des temps venir, les Sangs des Flammes (des êtres magiques) sont forgés afin que le jour de leur réveil, ils reconstruisent une civilisation capable de redonner à Embervale son éclat.

On incarne le premier d’entre eux, lâché seul dans ce monde à l’abandon. Après avoir créé notre avatar, on se retrouve face à l’immensité d’Embervale. Cet univers s’étend à perte de vue, laissant entrevoir une richesse incroyable accompagnée une couche narrative tout au long du voyage. À l’inverse de la concurrence où on évolue souvent comme bon nous semble sans but précis, Enshrouded nous accompagne durant de longues heures avec son lot de quêtes et objectifs divers, étoffant son lore au fil de notre progression via quelques rencontres inattendues, ainsi que d’innombrables collectibles à rassembler, retraçant l’histoire du peuple disparu.

Bien entendu, libre à nous d’avancer dans la direction voulue, mais la production de Keen Games fixe tout de même des jalons importants à plusieurs reprises pour débloquer des améliorations, indispensables à notre périple.

Les piliers de la création

Le gameplay d’Enshrouded s’articule autour de plusieurs piliers, dont le premier ne tarde pas à se dévoiler : les combats. À peine sortie du temple où l’on a repris connaissance, qu’on se voit déjà obligé de braver les dangers de la Brume et en découdre avec une première menace ! Alors que ce brouillard est mortel (on ne peut y rester que maximum cinq minutes), des créatures mystiques refusent de nous laisser passer.

Les affrontements adoptent la forme d’un action RPG où l’on retrouve les traditionnelles attaques rapides, lentes, l’esquive, le blocage et une gestion de l’endurance qui se consume à chacun de nos actes. La prise en main est aisée, mais on constate que le moindre faux pas coute cher, avec une barre de vie diminuant vite et pas vraiment le temps de tergiverser dans le Brume.

Les premiers adversaires à terre, on aperçoit enfin le bout du tunnel et l’emplacement destiné à bâtir notre campement de fortune avec l’installation de notre flamme. C’est ainsi que se dévoile la fabrication. Enshrouded reste classique dans son approche avec des débuts rustiques : on ramasse branches et cailloux afin de fabriquer nos premiers outils, dont la pioche pour casser les rochers et la hache pour abattre les arbres. On pense faire face à un nième survival déjà vu sans originalité, mais Enshrouded entend poser sa griffe sans un genre pourtant bien représenté.

Meilleur qu’Ikea

On découvre des recettes quand on récolte de nouveaux objets et grâce à la construction, enrichissant le panel de possibilités pour aménager notre bivouac. Il ne faut pas longtemps avant de voir une première cabane en bois sortir du sol avec des fenêtres, une belle porte, et un toit en pente fait de chaux. On monte un lit, des torches suspendues pour s’assurer un éclairage, des coffres pour y stocker nos butins, et ainsi de suite. Non seulement la création se veut ultra intuitive, avec des aménagements possibles à foison pour moduler nos structures (on veut ajouter une poutre ? Une moulure ? Des colonnes pour le style ? Let’s go), mais la récolte est sa plus grande originalité.

La concurrence nous laisse peu de liberté : un arbre donne le bois, le rocher la pierre, mais hors de question de toucher au décor si ce n’est pas prévu. Enshrouded nous permet de terraformer/déformer tout l’environnement autour de nous, pour amasser de la ressource, mais aussi se lancer dans des complexes architecturaux de folie. Pourquoi ne pas creuser une galerie qui débouche sur une véritable fortification souterraine ? Notre seule limite reste notre imagination.

Le farming de composants nécessite d’explorer les alentours de notre hameau et Embervale n’est clairement pas avare en contenu. On se balade, on tombe sur une structure qui semble abandonnée pour être au final le repère d’une armée de maraudeurs. On annihile la menace, on débloque un nouveau point de TP rapide, on ramasse plein de ressources, mais aussi de l’équipement.

La carte est immense, et inclut énormément de points d’intérêts, tout en jouant beaucoup sur la verticalité. Attention à la Brume qui n’est jamais loin. Mais qui dit danger dit souvent récompenses et composants rares et bien plus d’EXP donnant les points de compétences à dépenser dans le sphérier géant. On y oriente notre avatar vers l’une des spécialisations comme le guerrier berserk, le mage ou le rôdeur en acquièrent l’un ou l’autre talent de classe.

Un monde à rebâtir

Le temps défile et notre personnage obtient des nouveautés sur tous les terrains. On débloque des armes comme la masse à deux mains, l’arc, la baguette magique et même le bâton de sorcier pour incanter des sorts puissants. L’exploration gagne en profondeur avec le grappin ou encore le parachute, alors que le craft se voit agrémenté grâce aux PNJ réveillés à l’image du forgeron qui ouvre l’accès au travail du métal.

Des tours gigantesques sont visibles en tout Embervale, des donjons mêlant plateforme, énigme, réflexion et combats, qui nous récompensent en dévoilant les points d’intérêts alentour en plus de nous offrir un nouvel emplacement de TP rapide. En route vers l’objectif, on aperçoit sans cesse quelque chose qui nous détourne de notre chemin : des trésors, des défis avec des ennemis encore plus coriaces, un filon de métal rare, etc.

C’est un véritable appel à fouiller le moindre recoin de cette carte immense. On escalade, on grimpe, on utilise le harpon, on plane au-dessus d’un fossé, et on arrive enfin après quelques batailles au lieu de la mission suivante avec un sentiment d’avoir mérité la récompense finale quand on nettoie une zone de tout brouillard.

On passe un temps monstre en jeu, parfois sans avancer dans la trame tant on a de choses à faire et qu’on a envie de tout faire !

Des choses à revoir

Tout semble au beau fixe pour Enshrouded, mais pourtant on trouve que certains points auraient pu être améliorés à commencer par la gestion de l’inventaire. La concurrence permet de se servir du contenu des coffres puis l’établi de craft, sans savoir la nécessité de tout avoir dans notre sac. Dans Enshrouded, on ne peut utiliser que le contenu de l’inventaire même du héros ce qui est tout sauf pratique.

Durant le tutoriel, il arrive qu’on soit allé un peu vite en construisant/améliorant des structures sans qu’on nous le demande. Or, il s’avère qu’une quête quelque minutes après a comme objectif ce même craft. Enshrouded ne rétrovalide pas ce qu’on a fait. On se retrouve du coup avec deux fourneaux pour le forgeron l’un à côté de l’autre. Pire encore, on a amélioré notre camp dès qu’on a looté l’unique composant nécessaire pour le premier palier, ce qui a rendu impossible de compléter sur notre première sauvegarde cette ligne. Bien entendu, le studio est déjà sur le coup mais cela peut être embêtant en attendant.

Côté technique, Enshrouded s’est montré relativement stable durant ces quelques dizaines d’heures de jeu faites sur PC, ne nécessitant de relancer le jeu qu’une seule fois pour cause de personnage bloqué.

Son moteur maison incluant le Voxel est particulièrement gourmand par contre. Notre Une 3080, avec DLSS « quality » dépasse de peu le 60fps en 4K (en preset maxi). Bien entendu, on se doute que performances vont se parfaire avec le temps mais les configs les plus modestes devront surement baisser quelques settings et jouer avec les différents paliers du super sampling. Le rendu est de qualité, quoi qu’il arrive, avec un monde détaillé, un cycle jour/nuit maitrisé, et des biomes séduisants. Embervale nous charme à chaque instant.

Un potentiel monstre

Vous l’aurez compris, on valide sans hésitation la version d’Enshrouded qui arrive ce jour en accès anticipé. Il offre un gameplay complet, basé sur des classiques de chacun des genres qu’il nous propose tout en apportant à chaque fois une touche maison avec une partie craft vraiment solide. On ne voit aucun nuage à l’horizon aujourd’hui, ce qui promet un avenir plutôt radieux au titre de Keen Games.


Technophile dans l’âme, Gh0stCrawl3R passe la majorité de son temps sur des RPG en tout genre ainsi que sur des shooters / jeux compétitifs en ligne. Son nouveau compagnon de route n’est autre qu’un Steamdeck. Suivez-le sur Twitter





Source link

Leave a Comment