Algérie-Burkina Faso, une opposition entre deux coachs tournés vers l’offensive


Le sélectionneur de l’Algérie, Djamel Belmadi, lors du match contre l’Angola au stade de Bouaké, le 15 janvier 2024.

Attention, terrain hostile. Samedi 20 janvier, l’Algérie va devoir terrasser le Burkina Faso pour préserver ses chances de se qualifier au tour suivant de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Tenus en échec par l’Angola (1-1), cette 2journée de phase de poule s’avère déjà cruciale pour les Fennecs. D’autant qu’au stade de Bouaké, les Etalons – premier du groupe après leur victoire face à la Mauritanie (1-0) – vont jouer presque à domicile, notamment en raison de l’importante diaspora burkinabée présente dans la ville.

Outre l’ambiance, l’équipe peut compter sur son sélectionneur, le Français Hubert Velud, fin connaisseur du football africain. Depuis près de quinze ans, l’ancien gardien du Stade de Reims, 64 ans, a entraîné des clubs au Maroc (HUS Agadir, Difaâ El Jadida), en Tunisie (Stade tunisien, Etoile sportive du Sahel) et en République démocratique du Congo (TP Mazembe).

En Côte d’Ivoire, il participe à sa première CAN, alors même qu’il avait dirigé le Togo lors de l’édition 2010 en Angola. Mais une attaque d’un groupe rebelle visant le bus des Eperviers dans l’enclave du Cabinda, faisant trois morts et neuf blessés, avait poussé la fédération togolaise à annoncer le forfait de sa sélection pour le reste du tournoi. En décembre 2021, Hubert Velud avait été démis de ses fonctions à la tête du Soudan quelques semaines avant la CAN au Cameroun, alors qu’il avait qualifié les Crocodiles du Nil.

Le Français est aussi un fin connaisseur du football algérien. C’est là-bas qu’il a connu de belles victoires et qu’il a su se faire apprécier sur le continent en remportant deux fois le championnat d’Algérie d’affilée, avec Sétif (en 2013, il fait le doublé en gagnant la Coupe) et l’USMA (en 2014). Il a aussi supervisé le Club sportif constantinois et la JS Kabylie. « C’est le pays qui m’a permis de me faire vraiment connaître en Afrique grâce à ces titres, et j’ai donc forcément une relation particulière avec l’Algérie », insiste Hubert Velud, lui qui se dit amoureux de ce pays.

Vingt-troisième match entre l’Algérie et le Burkina Faso

D’ailleurs, dans son équipe technique, le Français s’est entouré de deux Algériens (l’entraîneur adjoint et le préparateur physique). Alors forcément, le match contre les Fennecs est « spécial, rempli d’émotions, car j’ai passé des moments très forts en Algérie, où la passion pour le football est immense ». Et espère que son ancien joueur, Youcef Belaïli, pilier de l’équipe qu’il « a vu naître footballistiquement » quand il entraînait l’USMA, « ne sera pas trop méchant avec moi ».

Le joueur Amir Karaoui conserve de son ancien coach à Sétif un souvenir précis. « Il s’était vite adapté au club, à la ville. C’est un homme ouvert au dialogue, avec un solide sens de l’humour. Il nous faisait beaucoup travailler, mais pouvait se montrer très dur, et sa voix grave l’aide bien à faire passer ses messages, sourit l’ancien international algérien (une sélection). Avec lui, on peut s’engueuler franchement et aller boire un café après. Les relations sont franches et directes. »

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C’est aussi dans ce pays d’Afrique du Nord qu’Hubert Velud a fait face aux pressions populaires et médiatiques sans jamais en avoir pris ombrage. « On le sait, les gens veulent des résultats immédiats, il faut composer avec, et je suis toujours parti en bons termes avec mes dirigeants », souligne le Français qui est régulièrement sollicité par des clubs algériens et n’exclut pas « de retravailler un jour en Algérie. »

Pour le 23match de l’histoire entre l’Algérie et le Burkina Faso, Hubert Velud partage avec Djamel Belmadi, le sélectionneur des Verts, le même goût du football offensif. C’est la première confrontation entre ces deux techniciens. Pour la petite histoire, quand M. Velud entraînait le Paris FC (1992-1999), il avait tenté d’obtenir le prêt de M. Belmadi alors en manque de temps de jeu au Paris-Saint-Germain, son club formateur. Une requête que la direction parisienne avait refusée.

« Faire gagner son équipe en la faisant bien jouer »

Ainsi, face au Burkina Faso, les Fennecs espèrent retrouver leur jeu en mouvement. C’est l’une des volontés du sélectionneur. Né en France, l’ancien international algérien Djamel Belmadi (47 ans), passé notamment par Marseille et Valenciennes, a débuté sa carrière d’entraîneur au Qatar, où il a dirigé Lekhwiya, Al-Duhail et la sélection nationale. Moins d’un an après sa nomination sur le banc de touche des Fennecs, Djamel Belmadi avait conduit en juillet 2019 l’Algérie au titre continental lors de la CAN organisée en Egypte. « Cela lui permet d’être très populaire auprès des supporteurs, mais plus intouchable », explique le journaliste Naïm Bennedra, rédacteur en chef de l’édition française de goal.com.

Le technicien, qui entretient des relations compliquées avec la presse algérienne, est l’objet de critiques depuis les déboires du premier semestre de l’année 2022. En effet, l’Algérie avait d’abord été éliminée au premier tour de la CAN au Cameroun, puis par le Cameroun (encore lui) en qualifications pour la Coupe du monde au Qatar. « Il lui a été reproché de ne pas assez se remettre en question, de trop faire confiance à certains vainqueurs de 2019 », poursuit Naïm Beneddra.

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« Il est très strict sur la discipline, mais aussi proche des joueurs, avec qui il se montre toujours juste et honnête. Et c’est pour cela qu’ils adhèrent à sa méthode. C’est aussi un vrai passionné, qui a une très grande culture foot », souligne l’ancien international marocain Abdeslam Ouaddou qui a été, coup sur coup, son coéquipier à Valenciennes, son joueur à Lekhwiya avant de rejoindre, pendant quelques mois en 2020, le staff technique de la sélection algérienne. « Djamel Belmadi est très attaché à l’Algérie qu’il rêve de qualifier pour la Coupe du monde, ajoute-t-il tout en insistant sur la volonté du technicien, de faire gagner son équipe tout en la faisant bien jouer. »



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