Trois policiers condamnés à des peines de 3 à 12 mois de prison avec sursis


Presque sept ans après les faits, le tribunal a tranché. La cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi les trois policiers, à des peines de 3 à 12 mois de prison avec sursis. Les trois membres des forces de l’ordre étaient envoyés devant la justice après l’interpellation en 2017 de Théo Luhaka, alors grièvement blessé à l’anus par un coup de matraque. 

Après plus de neuf heures de délibéré, le gardien de la paix Marc-Antoine Castelain a été reconnu coupable du coup de matraque qui a grièvement blessé la victime. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant 5 ans. Des peines de 3 mois de prison avec sursis ont été prononcées à l’encontre de ses collègues Jérémie Dulin et Tony Hochart pour violences volontaires. Le verdict est un « immense soulagement », a dit l’avocat du policier auteur du coup de matraque

Une « décision d’apaisement »

La cour a pris une décision en-deçà des réquisitions de l’avocat général qui avait demandé des peines allant de trois mois à trois ans de prison avec sursis. Elle n’a pas retenu la qualification « de violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente ».

Dans une ambiance tendue, le verdict a été prononcé dans une salle comble de soutiens de Théo et de policiers en civil. Peu après les condamnations, Théo Luhaka s’est regroupé en cercle avec sa famille, l’air grave. A sa sortie, il a été accueilli par une salve d’applaudissements. « C’est une décision d’apaisement que nous prenons comme une victoire », a déclaré en réaction Me Antoine Vey, avocat de la partie civile.

« Du ferme pour la police ! » ont scandé des militants luttant contre les violences policières, dénonçant « des mascarades ». Ils tenaient en main des affiches montrant les visages de personnes décédées à la suite d’interventions policières.

« On préfère regarder le côté positif de la condamnation (des policiers) qui a été retenue », a ensuite résumé la soeur de la victime, Amélie Louvel, sur BFM TV. « La vérité est sortie, Théo n’est pas un dealeur, il est sorti (de chez lui ce jour-là) parce que je lui ai demandé de me rendre un service » en faisant une course, a-t-elle répété. « Il est infirme » depuis, « mais n’a jamais été dans la vengeance ».

Une affaire devenue emblématique

C’est parce que Théodore Luhaka garde des séquelles irréversibles de son arrestation le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) que les policiers se sont retrouvés devant une cour d’assises pendant deux semaines. Un fait rare dans les affaires de violences policières.

Trois ans de prison avec sursis avaient été requis à l’encontre de M. Castelain, l’auteur du coup de matraque qui a blessé Théo Lukaha. Pour Jérémie Dulin, 42 ans, et Tony Hochart, 31 ans, l’avocat général avait requis respectivement six et trois mois de prison avec sursis. Le magistrat Loïc Pageot les a justifiées par l’ « absence d’antécédent » judiciaire des trois accusés et le temps long de l’affaire, qui a basculé avec la vidéo de l’interpellation.

Cette affaire avait provoqué une vague d’indignation et des violences en banlieue parisienne. Théo Luhaka avait appelé au calme depuis son lit d’hôpital, où il avait reçu la visite de l’ex-président de la République François Hollande.



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