la Russie dit avoir condamné plus de 200 prisonniers ukrainiens


Des prisonniers de guerre ukrainiens après un échange le 3 janvier 2024.
UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER / REUTERS

Les autorités russes accusent ces soldats, qui sont nombreux à avoir été faits prisonniers durant le siège de Marioupol en 2022, d’exactions contre des civils. Là même où la Russie a mené un siège dévastateur.

La Russie a affirmé ce lundi avoir condamné plus de 200 soldats ukrainiens, prisonniers de guerre, à de lourdes peines de prison, près de deux ans après le début de l’offensive russe. Plusieurs milliers de militaires ont été capturés par chacun des deux camps, même si leur nombre exact n’est pas public. Ces derniers mois, Moscou a par ailleurs multiplié les procès de certains prisonniers en les accusant de crimes de guerre. Ces poursuites ont été dénoncées par Kiev et des organisations de défense des droits humains.

Les autorités russes accusent ces soldats, qui sont nombreux à avoir été faits prisonniers durant le siège de Marioupol en 2022, d’exactions contre des civils. C’est pourtant l’armée russe qui a mené un siège dévastateur de Marioupol, y faisant, selon Kiev, des dizaines de milliers de morts. Alexandre Bastrykine, le président du Comité d’enquête russe, a déclaré que «200 militaires ukrainiens (avaient été) condamnés à de longues peines de prisons pour avoir tué des civils et maltraité des prisonniers» de guerre.

Les procès pour «extrémisme» en hausse

La Russie compte «continuer» à juger des soldats de l’armée de Kiev, y compris des «hauts responsables», a-t-il assuré dans une interview à l’agence d’État Ria Novosti, publiée lundi. Moscou n’a en revanche jamais enquêté sur les crimes de guerre dont ses soldats sont accusés, comme le massacre de Boutcha, que la Russie a qualifié de mise en scène occidentale. Elle dément aussi frapper des cibles civiles et considère ne pas être responsable de la destruction de villes comme Bakhmout ou Marioupol.

Début janvier, les deux pays ont en revanche annoncé avoir libéré plusieurs centaines de prisonniers de guerre, le premier échange de ce type depuis l’été et le plus important depuis le début de l’assaut russe. Par ailleurs, le président du Comité d’enquête russe a affirmé que le nombre de procès pour «extrémisme» en Russie avait augmenté de 62% en 2023 par rapport à l’année précédente, un chiffre qui reflète l’intensification de la répression contre l’opposition. Les autorités ont aussi ouvert 273 enquêtes pour «diffusion de fausses informations» sur l’armée russe, a-t-il ajouté, une accusation utilisée pour museler les détracteurs de l’offensive russe conte l’Ukraine.

Alexandre Bastrykine a également évoqué des actes de sabotage commis sur des voies ferroviaires russes au profit de l’Ukraine dans des régions frontalières, mais aussi en Sibérie ou dans le grand Nord. En fin d’année, Kiev avait par exemple revendiqué une attaque contre des trains transportant du carburant dans l’Extrême-Orient russe, à des milliers de kilomètres du front.


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