avant son derby contre la Gambie, le Sénégal affiche son ambition de demeurer « roi de l’Afrique »


Le footballeur sénégalais Sadio Mané lors d’un entraînement au stade Charles-Konan-Banny, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, le 14 janvier 2024.

Dans la douceur d’une fin d’après-midi à Yamoussoukro, capitale administrative de la Côte d’Ivoire, l’équipe du Sénégal a effectué son dernier entraînement avant d’affronter la Gambie ce lundi 15 janvier. A quelques heures de leur entrée en Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), les champions en titre ont affiché un mélange de décontraction et de sérénité devant une soixantaine de journalistes sénégalais. Objectif : montrer que les Lions de la Teranga sont les rois de la CAN et qu’ils entendent le rester.

Le Sénégal est l’un des favoris, aux côtés du Maroc, demi-finaliste de la Coupe du monde au Qatar, et de la Côte d’Ivoire. Depuis le sacre de Yaoundé en 2022, les Sénégalais, 20es au classement FIFA, ont confirmé leur statut en se qualifiant pour le Mondial et la CAN sans trembler. Leur motivation semble intacte. « Nous avons une seule étoile. Nous avons envie d’aller gagner, de continuer de gagner », a déclaré le sélectionneur Aliou Cissé en conférence de presse.

Le défi est de taille : depuis l’Egypte (vainqueur en 2006, 2008 et 2010), aucune équipe du continent n’est parvenue à conserver son titre. « Les joueurs ont la même soif de vaincre qu’en 2022, explique Thierno Diallo, commentateur à la RTS, la radio nationale sénégalaise. Ils sont dans une dynamique de victoires, au sommet de l’Afrique, et veulent rester les rois du continent. Une seule étoile ne leur suffit pas, ils en veulent deux, trois, quatre… »

Dans l’effectif emmené à Yamoussoukro, quinze joueurs ont déjà été couronnés. « Il y a un panachage d’expérience et de jeunesse, ajoute Thierno Diallo. A tous les postes, il y a aujourd’hui des remplaçants de qualité. »

Sadio Mané traverse une période délicate

Sauf que tous les joueurs ne sont pas au mieux, à commencer par la star Sadio Mané. A 31 ans, le double Ballon d’or africain traverse une période délicate. Après son passage manqué au Bayern Munich, le meilleur buteur de l’histoire du Sénégal (36 buts) a du mal à retrouver son niveau, même si ses dernières prestations avec son club d’Al-Nassr semblent encourageantes.

Comme lui, plusieurs cadres ont succombé aux propositions financières de l’Arabie saoudite : Kalidou Koulibaly à Al-Hilal, Edouard Mendy à Al-Ahli et Habib Diallo à Al-Shabab. « On a montré qu’on était capables de gagner en ayant des joueurs dans les grands championnats européens, a rappelé Aliou Cissé. A nous de montrer qu’on peut aussi gagner avec des joueurs qui jouent en Arabie saoudite. »

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Même si le débat fait partie de la culture sénégalaise – surtout en matière de football –, rares sont ceux qui osent contredire les choix du coach. « Les résultats plaident en sa faveur, rappelle Bakary Cissé, journaliste à Dsports. Il a toujours atteint son objectif, sauf peut-être à la Coupe du monde, où l’équipe visait les quarts de finale [les Sénégalais ont été éliminés par l’Angleterre en huitièmes de finale]. Mais au Qatar, Aliou Cissé avait des circonstances atténuantes, à commencer par l’absence de Sadio Mané, blessé. »

Si les Sénégalais veulent rester les maîtres du football africain, ils doivent commencer par régner sur leur région. Le match face aux Gambiens, 126es au classement FIFA, a la saveur d’un derby. Bordée à l’ouest par l’océan Atlantique, la Gambie, qui avait créé la surprise à la CAN 2022 en atteignant les quarts de finale, est « emboîtée » dans le Sénégal. Les relations entre les populations sont ancestrales. Et quand elles ne sont pas adversaires, les deux équipes se soutiennent. « Depuis une quinzaine d’années, notre groupe est jumelé à celui des Gambiens », assure Issa Laye Diop, président du 12e Gaïndé, la principale association de supporteurs sénégalais.

« Le match a déjà commencé sur les réseaux sociaux »

Dimanche, Aliou Cissé a même déclaré qu’il était cousin avec le président de la Fédération gambienne de football. « Le Sénégal et la Gambie sont deux pays mais ne forment qu’un seul peuple, explique Bakary Cissé. Nous avons les mêmes patronymes, la même culture et les mêmes dialectes. Seules nos langues officielles [la Gambie est anglophone] sont différentes. » Mais en matière de football, la rivalité est là. « Depuis environ une semaine, le match a déjà commencé sur les réseaux sociaux, note Fatima Sylla, journaliste à 2STV. Ce sont des chamailleries, des petites provocations entre frères et sœurs. »

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La compétition a commencé difficilement pour les Gambiens. Quelques jours avant de s’envoler pour la Côte d’Ivoire, les joueurs ont boycotté leur dernière séance d’entraînement afin d’obtenir une prime de qualification d’environ 500 000 euros pour l’ensemble du groupe. Il a fallu l’intervention du chef de l’Etat, Adama Barrow, pour que le ministère des sports cède aux exigences de l’équipe.

Puis, après avoir décollé de Banjul mercredi, l’avion des Scorpions a fait demi-tour après neuf minutes de vol suite à une perte de pression et d’oxygène dans la cabine. « Si le trajet avait duré trente minutes de plus, nous serions tous morts », a raconté le sélectionneur belge Tom Sainfiet. Les Gambiens sont finalement repartis le lendemain vers Yamoussoukro, sans passer par Abidjan, à bord d’un avion affrété par Air Côte d’Ivoire.

« Attention, les Scorpions sont plus toxiques lorsqu’ils ont manqué d’oxygène », a prévenu le sélectionneur sous forme de boutade. Quelle sera en revanche leur résistance à la chaleur ? Leur entraîneur, comme celui des Lions de la Teranga, a regretté que la rencontre soit disputée à 14 heures localement. Le soleil de Yamoussoukro sera alors proche de son zénith.



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