Les Etats-Unis frappent de nouveau les rebelles houthistes au Yémen


Les forces de sécurité yéménites affiliées aux houthistes montent la garde lors d’une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien à Sanaa, la capitale du Yémen, le 5 janvier 2024.

Les Etats-Unis ont confirmé avoir mené une nouvelle frappe contre des sites houthistes au Yémen dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 janvier, au lendemain de premiers bombardements américains et britanniques contre ce mouvement qui est accusé de menacer le trafic maritime international en mer Rouge. Le commandement militaire central des Etats-Unis (CentCom) a confirmé une frappe vers 3 h 45 (heure locale) samedi « contre un site radar au Yémen ». Plus tôt, les médias des rebelles yéménites avaient fait état de nouvelles frappes ayant visé au moins un site dans la capitale, Sanaa.

Les frappes américano-britanniques de vendredi matin répondaient à la multiplication des attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge par les rebelles yéménites. Trente sites militaires houthistes avaient été visés dans la nuit de jeudi à vendredi par plus de cent cinquante frappes, a annoncé le général Douglas Sims, de l’état-major américain.

Le porte-parole militaire des houthistes a affirmé que les frappes de vendredi avaient touché Sanaa et les gouvernorats de Hodeïda (Ouest), Taëz (Sud), Hajjah (Nord-Ouest) et Saada (Nord).

Ces bombardements font craindre un débordement régional de la guerre en cours à Gaza. Soutenus par l’Iran, les houthistes disent agir en solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza, où Israël livre une guerre contre le Hamas.

Le Royaume-Uni, qui a déployé trois navires dans la région, a défendu vendredi la légalité de ses frappes, répétant avoir agi dans une situation de « légitime défense ». Ces actions sont « nécessaires, légales et proportionnées », a insisté le chef de la diplomatie britannique, David Cameron, dans une vidéo publiée sur X (anciennement Twitter).

Dans une déclaration commune, Washington, Londres et huit de leurs alliés – parmi lesquels l’Australie, le Canada et Bahreïn – ont expliqué que leur objectif était la « désescalade » en mer Rouge. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a appelé les houthistes à cesser leurs attaques après ces frappes « défensives ».

En fin d’après-midi samedi, une nouvelle frappe a touché samedi la ville de Hodeïda, dans l’ouest du Yémen, en réponse à un tir de roquette effectué par les rebelles houthistes depuis cette cité portuaire, selon plusieurs sources. « Le site d’où a été lancée une roquette des houthistes, à la périphérie de Hodeïda, a été bombardé », a précisé une source militaire alliée aux rebelles, en ajoutant qu’il n’avait pas été possible d’établir la provenance de cette attaque. Une source policière a confirmé le bombardement.

« Tous les intérêts américano-britanniques sont des cibles légitimes »

« En riposte » à ces premières frappes, les houthistes ont tiré vendredi soir un missile antinavire, a déclaré le général Sims, précisant qu’aucun bateau n’avait été touché. « Tous les intérêts américano-britanniques sont devenus des cibles légitimes pour les forces armées yéménites après l’agression directe et déclarée » contre le Yémen, avait menacé dans un communiqué, vendredi, le Conseil politique suprême, une haute instance des rebelles. « Cette agression (…) ne restera pas sans réponse », avait encore dit le porte-parole des houthistes, déclarant que cinq personnes avaient été tuées et six blessées parmi les rebelles.

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Vendredi, le président américain, Joe Biden, a affirmé que les premières frappes n’avaient pas fait de « victimes civiles ». Il a prévenu qu’il « répondrait » si « les houthistes continuaient d’avoir un comportement inacceptable ». Interrogé sur le message qu’il avait envie de délivrer à l’Iran, qui soutient les houthistes, le président américain a répondu : « J’ai déjà envoyé mon message à l’Iran. »

Le mouvement des houthistes fait partie de « l’axe de la résistance » établi par Téhéran, qui réunit dans la région des groupes hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et des groupes armés en Irak et en Syrie.

L’Iran a fustigé, vendredi, une « violation flagrante de la souveraineté » du Yémen. Dans un communiqué, le porte-parole du ministère des affaires étrangères de la République islamique, Nasser Kanaani, a « condamné fermement » les frappes.

Le même jour, à l’Organisation des Nations unies (ONU), la Russie a dénoncé une « agression flagrante » et une « frappe massive » sur « le territoire du Yémen », tandis que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est inquiété d’une réponse « disproportionnée ».

L’opération aura « des répercussions sur la sécurité régionale », a réagi le Hamas. Le sultanat d’Oman, médiateur entre houthistes et forces loyalistes dans la guerre civile au Yémen, a dénoncé le « recours de la part de pays amis à l’action militaire ». La Chine a appelé les parties « à faire preuve de retenue ».

L’ONU demande à éviter « l’escalade »

Un appel au calme a également été lancé par l’Arabie saoudite, pays à la tête d’une coalition militaire anti-houthistes intervenant aux côtés du gouvernement depuis 2015 dans la guerre civile au Yémen, conflit qui connaît une accalmie depuis une trêve négociée en avril 2022 par les Nations unies.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé « toutes les parties concernées à éviter une escalade de la situation dans l’intérêt de la paix et de la stabilité en mer Rouge et dans l’ensemble de la région », par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric.

« Le secrétaire général réaffirme que les attaques contre la navigation internationale en mer Rouge sont inacceptables, qu’elles mettent en péril la sûreté et la sécurité des chaînes d’approvisionnement mondiales et qu’elles ont un impact négatif sur la situation économique et humanitaire dans le monde entier », a ajouté le porte-parole.

Le Conseil de sécurité avait adopté, mercredi, une résolution exigeant l’arrêt « immédiat » des attaques des houthistes contre des navires en mer Rouge, notant également le droit des Etats membres à défendre les navires contre ces attaques.

Le Monde avec AFP



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