« A l’évidence, c’est sur la question des relations avec la Chine que les trois candidats s’opposent »


Les élections présidentielle et législatives, qui doivent avoir lieu samedi 13 janvier à Taïwan, se dérouleront à l’ombre de la rivalité sino-américaine. Leur résultat pèsera sur cette rivalité. Mais celle-ci et le besoin pour les deux grandes puissances de rester en paix sont de nature à restreindre les options des candidats et à déterminer l’avenir de la République de Chine, le nom officiel de l’île.

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L’élection présidentielle, à un tour, est, cette fois-ci, une triangulaire. Trois candidats, ou plutôt tickets, s’affrontent. Il y a d’un côté, Lai Ching-te, du Parti démocrate progressiste (DPP), la formation de la présidente sortante, Tsai Ing-wen, farouchement opposé à toute unification avec la République populaire de Chine (RPC). De l’autre, on trouve Hou Yu-ih, du Kouomintang (KMT), le parti nationaliste de Tchang Kaï-chek, favorable à une unification à long terme et, surtout, au prétendu « consensus de 1992 », un compromis trouvé par les négociateurs officieux de Pékin et de Taipei, selon lequel il y a une seule Chine, que l’on se garde bien de définir d’ailleurs.

Et, entre les deux premiers, il y a enfin Ko Wen-je, un néphrologue arrivé en politique un peu par hasard et ancien maire de Taipei, qui a adopté une position intermédiaire sur les relations avec le continent. Si, comme le DPP, il refuse d’endosser le « consensus de 1992 », il estime que les deux côtés du détroit de Taïwan forment « une seule famille », une expression qui lui permet d’avoir des relations avec les responsables chinois.

Tout le monde donne M. Lai gagnant. De fait, les derniers sondages réalisés pour le site ETtoday ont confirmé son avance sur M. Hou (39 % contre 36 % des intentions de vote, ). Mais le scrutin sera serré, car de plus en plus d’électeurs ont abandonné M. Ko (22 %), jugé trop indécis, surtout après l’échec de sa tentative d’alliance avec M. Hou. En outre, le DPP a été au pouvoir pendant huit ans et nombre de Taïwanais veulent du changement. D’autant plus que si elle a bien géré les relations de Taipei avec Pékin, en dépit d’une absence de contacts, et avec Washington, Mme Tsai a pris, sur le plan intérieur, des mesures impopulaires, comme la réforme des retraites, n’a pas toujours bien géré la pandémie liée au Covid-19 et, surtout, n’a guère favorisé l’augmentation du niveau de vie de la population.

Différences mineures

Ce qui semble presque assuré à ce stade est que le DPP va perdre le contrôle du Yuan législatif, le Parlement. Si le KMT n’y remporte pas la majorité des sièges, le Parti populaire taïwanais, la petite formation de M. Ko, pourrait en profiter pour jouer le rôle d’arbitre et étendre son influence. Quoi qu’il en soit, Taïwan ne se dirige pas vers une cohabitation, car le système était largement présidentiel, mais plutôt vers une guerre de tranchées entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire, un peu comme sous la présidence de Chen Shui-bian (DPP) entre 2000 et 2008.

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