Hunter Biden, le fils du président américain, plaide non coupable de fraude fiscale


Hunter Biden, fils du président américain Joe Biden, au Capitole à Washington, le 10 janvier 2024.

Le fils du président américain Joe Biden, Hunter, a plaidé, jeudi 11 janvier, non coupable de fraude fiscale devant un tribunal fédéral à Los Angeles, dans l’ouest des Etats-Unis, ont rapporté les médias américains.

Inculpé en décembre pour s’être soustrait par un « stratagème » à l’obligation de payer 1,4 million de dollars (1,3 million d’euros) en impôts dus pour la période fiscale allant de 2016 à 2019, selon les procureurs, Hunter Biden est visé par neuf chefs d’accusation.

Cette brève comparution s’est déroulée au lendemain d’une audition parlementaire qui a viré à la foire d’empoigne à Washington, lorsque Hunter Biden s’y est invité à l’improviste pour protester contre l’attitude des républicains, qui ont lancé en septembre une enquête en destitution contre le président américain.

Hunter Biden, 53 ans, hommes d’affaires aujourd’hui reconverti dans la peinture, qui dit avoir surmonté ses addictions aux drogues et à l’alcool, est l’une des cibles privilégiées des adversaires républicains de son père, qui le considèrent comme le talon d’Achille du président démocrate. Ils accusent ce dernier, sans en avoir jusqu’à présent apporté la preuve, de corruption et d’avoir bénéficié des affaires controversées de son fils en Ukraine et en Chine, lorsqu’il était vice-président de Barack Obama (2009-2017).

« Permettez-moi de le dire aussi clairement que possible, mon père n’a jamais été impliqué financièrement dans mes affaires », avait assuré Hunter Biden, le 13 décembre, le ton grave, devant le Congrès.

Il risque 17 ans de prison

Mercredi, deux commissions parlementaires dominées par la majorité républicaine à la Chambre des représentants ont recommandé qu’Hunter Biden soit reconnu coupable d’obstruction aux prérogatives d’enquête du Congrès pour avoir refusé de participer à une audition à huis clos sur ses intérêts financiers à l’étranger. Lui réclame une audition publique. Pendant l’une des auditions, une des élues républicaines a traité Hunter Biden de « lâche », montrant des photos scabreuses de lui, tandis qu’une autre l’a qualifié d’« incarnation du privilège blanc ».

« Ce qu’ils sont en train de faire à Hunter est cruel », a réagi, jeudi, Jill Biden, l’épouse du président américain, lors d’une interview à la chaîne MSNBC.

Sur le plan fiscal, la justice lui reproche d’avoir « dépensé des millions de dollars dans un style de vie extravagant au lieu de payer ses impôts », selon l’acte d’accusation, qui mentionne sa consommation de drogues, ainsi que des paiements pour s’offrir la compagnie « d’escorts », des voitures et vêtements de luxe.

Hunter Biden risque jusqu’à 17 ans de prison dans cette affaire. Il reste en liberté, sous contrôle judiciaire : il a notamment l’interdiction de posséder une arme, de boire de l’alcool ou de consommer des drogues. Sa prochaine comparution a été fixée au 27 mars, et le juge vise un début du procès au 20 juin.

Inculpé dans une autre affaire

Hunter Biden est également inculpé dans un autre dossier dans le Delaware (Est), pour détention illégale d’arme à feu. Il pourrait donc potentiellement être jugé deux fois en 2024, pendant que son père est en campagne pour sa réélection.

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Il était parvenu en juin à un accord de plaider coupable couvrant à la fois des accusations de fraude fiscale et celles d’acquisition illégale d’arme à feu, qui lui aurait probablement permis d’éviter la prison et un procès gênant pour lui et son père. Mais cet accord a été annulé à la suite de doutes émis en juillet par une juge sur sa validité.

Jeudi à Los Angeles, l’avocat de Hunter Biden, Abbe Lowell, a estimé que cet accord était toujours valide. Face au juge, il a également argué que le Congrès américain avait exercé une « ingérence » sur l’accusation. Un point qu’il compte soulever pour tenter de faire annuler les poursuites.

Le conseil avait déjà laissé entrevoir cette stratégie en décembre. « Sur la base des faits et de la loi, si le nom de famille de Hunter était autre que Biden, les poursuites dans le Delaware, et maintenant en Californie, n’auraient pas été engagées », avait-il déclaré.

Le Monde avec AFP



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