Ce pharmacien est condamné après avoir reçu des cadeaux du laboratoire Urgo, il dénonce un «système»


Une «profonde injustice». Condamné pour avoir reçu des cadeaux de la part du laboratoire Urgo, Marc Alandry, pharmacien dans l’Aude, témoigne dans Le Parisien, mercredi 10 janvier, pour dénoncer un  «système» et pour laver son honneur. Si celui qui est également vice-président de l’Association de pharmacie rurale (APR) reconnaît avoir bénéficié de divers présents de la multinationale, tels que des montres de luxe, un téléphone ou encore un fauteuil, il assure qu’il ignorait qu’ils étaient illégaux.

Pendant des années, Urgo offrait, en effet, des cadeaux aux pharmaciens, à condition qu’ils renoncent aux remises commerciales sur ses produits. Une pratique illégale qui a valu au groupe une condamnation, en janvier 2023, à une amende de 1,125 million d’euros. En France, 8 000 pharmaciens auraient accepté ces présents, soit 40 % d’entre eux, dont la ministre de la Santé, Agnès Firmin-Le Bodo, pharmacienne de profession. Marc Alandry raconte à nos confrères être «tombé dans le panneau» il y a deux ans lorsqu’il passe commande pour acheter des bandes et des compresses


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«J’avais confiance en lui et je me suis fait couillonner»

Le commercial du laboratoire, un «ami», lui indique pouvoir «avoir des points à la place de sa remise». «Il me montre alors son catalogue avec des photos d’objets. L’aspirateur de ma femme de ménage venait de rendre l’âme, je lui ai donc offert un Dyson. C’est le premier cadeau que j’ai accepté», explique le pharmacien, qui assure avoir alors demandé si la pratique était légale. «Il me répétait que c’était une pratique encadrée et que, en tant que commerçants, nous n’étions pas soumis aux mêmes règles que les médecins. Il était très persuasif.» «J’ai cru que ces cadeaux étaient une façon de récompenser notre fidélité. J’avais confiance en lui et je me suis fait couillonner», regrette-t-il.

Le système a finalement pris fin en 2022 lorsque le commercial a changé de secteur et qu’il«s’est évaporé du jour au lendemain». «Son successeur nous a dit qu’il n’y avait plus de catalogue, que la politique de la maison avait changé. Je ne le savais pas, mais à cette époque, Urgo était rattrapé par la justice», se souvient Marc Alandry. Et coup de massue le 13 novembre dernier, le tribunal judiciaire de Carcassonne condamne le pharmacien à une amende de 17 500 euros. «Aujourd’hui, on me traite comme un criminel. Je ressens une profonde injustice. J’en veux terriblement à Urgo qui a mis les pharmaciens de France dans la m**** !» affirme-t-il



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