Cadeaux Urgo aux pharmaciens : une douzaine de procédures en Côte-d’Or


Il y a des cadeaux qui vous collent à la peau comme un pansement dont on ne saurait se défaire. Après les révélations du site Mediapart sur les objets de luxe reçus par la ministre de la Santé Agnès Firmin-Le-Bodo de la part des laboratoires Urgo, la justice mène son enquête pour retrouver d’autres pharmaciens qui ont bénéficié des largesses de la firme dijonnaise.

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Saisies sur comptes bancaires

Ce jeudi 11 janvier, Olivier Caracotch le procureur de la République de Dijon nous indique qu’une “douzaine de procédures sont en cours en Côte-d’Or” mais toutes ne déboucheront pas sur un procès. “Il y aura des peines alternatives, comme des contributions citoyennes, certaines sont déjà payées et des saisies sur des comptes bancaires pour les sommes reçues les plus importantes.”

Pour rappel, le système de fidélisation mis en place par Urgo n’avait rien de secret, mais il est reproché a certains pharmaciens de ne pas avoir déclaré au fisc des cadeaux d’une forte valeur , comme des montres de luxe, des coffrets week ends, des magnums de champagne.

Dans l’Aude : une amende de 20.000 euros

“Nous nous sommes fait rouler” témoigne  ce jeudi 11 janvier  sur franceinfo Marc A. pharmacien dans l’Aude, condamné à une amende de 20.000 euros pour avoir reçu des cadeaux de la part des laboratoires Urgo, comme des centaines d’autres pharmaciens. 
Selon ce pharmacien  “cela a été un hasard” : “L’aspirateur de ma femme de ménage venait de se casser, et un des commerciaux des laboratoires m’a dit qu’il ne fallait pas que je prenne une remise sur les gammes blanches et en contrepartie, je bénéficiais de point pour avoir un superbe aspirateur”.
De fil en aiguille, le pharmacien reçoit alors d’autres cadeaux de la part des laboratoires, comme un frigo ou encore une montre. “Cela a duré entre cinq et dix ans. J’ai toujours demandé si ça continuait d’être légal”, explique-t-il. “Je m’étonnais de ne pas recevoir de factures, de garanties. Ils me disaient que tout était bouclé par leurs avocats”.

Le pharmacien est finalement épinglé pour ces pratiques. “J’ai plaidé coupable car je me suis rendu compte à quel point j’ai été bête et en pleine confiance. Cela a été sans malveillance, mais nous nous sommes fait rouler et nous sommes coupables”.



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