Prévisions saisonnières : une fin d’hiver moins froide et un printemps sec


Les modèles de prévisions saisonnières ont montré une grande volatilité pour ce mois de janvier, qui sera probablement assez proche des moyennes de saison, avec des précipitations moins abondantes que redouté, et des températures parfois les plus basses depuis six ans en France, sans caractère exceptionnel cependant. Cette évolution est favorable sur le front des inondations et permet un bon enneigement sur nos massifs, au-dessus de 1500 m en général. Il n’en demeure pas moins qu’avec un mois de décembre très doux et extrêmement pluvieux, l’hiver (décembre/ janvier/ février) devrait rester plus doux que les moyennes, et probablement plus humide également.

Le phénomène El Niño qui atteint son point culminant dans l’océan Pacifique, a modifié la configuration météorologique globale à l’échelle de l’hémisphère Nord, avec cette fois, la concentration des grands froids en Europe du Nord, notamment en Scandinavie, alors que le continent nord-américain est resté dans une relative douceur. Ces modifications de la circulation atmosphérique ont pu jouer dans les résultats mitigés des modèles saisonniers. Cette volatilité devrait s’estomper au fil des mois prochains, avec l’affaiblissement progressif d’El Niño en vue de l’été.

À l’échelle du trimestre février-mars-avril, les températures prévues en France devraient rester légèrement supérieures aux moyennes de saison (basées sur les 30 dernières années) avec un écart proche de +0,5°C pour la fin de l’hiver et le printemps. Cette tendance est vue de façon assez unanime par les modèles numériques saisonniers. À ce jour, il n’y a pas de signal froid durable en France. Les tensions sur le réseau d’approvisionnement en électricité que nous avions connue l’année dernière ne devraient pas se reproduire de si tôt, la situation générale des centrales étant par ailleurs nettement meilleure. À l’échelle de l’Europe, la Scandinavie devrait conserver une anomalie froide notable, ce qui devrait aboutir, pour ces pays nordiques, à leur hiver le plus froid depuis 1999.

Concernant la pluviométrie, l’inquiétude subsiste pour le sud-est, car il n’a toujours pas plu de façon suffisante en Languedoc-Roussillon, avec des déficits parfois criants. Il n’est d’ailleurs pas exclu que l’on enchaîne sur le printemps sans recharge hydrique dans cette zone. Partout ailleurs, la recharge a été significative sur les trois quarts de l’hexagone. De même, les pays du Maghreb, en particulier le Maroc, risquent de repartir sur un printemps sec après un hiver très insuffisamment arrosé.

Février : plus doux que janvier

Il semble acquis que ce mois de janvier est le plus froid de notre hiver. Le mois de février, quant à lui, devrait retrouver une relative douceur, mais sans excès. Ainsi, la neige pourrait se maintenir en montagne à l’approche des vacances scolaires. Pour autant, la fiabilité d’ensemble est limitée avec deux scénarios météo proposés par les modèles numériques.

À ce jour, nous envisageons un flux d’ouest à nord-ouest modérément perturbé, avec des alternances de perturbations et d’accalmie, ce qui serait un temps classique pour la saison. D’autres modèles, notamment le modèle européen ECMWF, envisagent plutôt des périodes assez calmes anticycloniques. La moyenne de ces modèles aboutirait à des précipitations assez proches des normales, ce qui serait une bonne nouvelle sur le front des inondations septentrionales, mais une mauvaise pour la sécheresse persistante en Languedoc-Roussillon. Les températures seraient donc proches des moyennes, avec éventuellement un léger excédent de +0,5°C, tandis que les précipitations pourraient atteindre 20% d’excédent.

Mars : un avant-goût de printemps au nord, un espoir de pluie au sud

Pour ce premier mois du printemps météorologique, les conditions anticycloniques pourraient dominer sur l’Europe du Nord, avec un régime d’est à nord-est sec sur la moitié nord du pays.

Les régions de l’extrême sud seraient plutôt sous l’influence de conditions dépressionnaires, avec un temps plus perturbé et humide. Les précipitations, contrastées sur notre pays, pourraient alors être localement excédentaires au sud, et déficitaires sur la moitié nord avec, en moyenne sur la France, une pluviométrie proche de la normale.

Côté températures, elles pourraient être assez proches des normales de saison. Elles dépendront de l’orientation précise du flux (est ou sud-est) et du bon ensoleillement lié à l’anticyclone. Les températures seraient supérieures aux moyennes de l’ordre de +0,5°C, alors que les précipitations globales seraient déficitaires d’environ 20%.

Avril : un beau mois sec et ensoleillé ?

À cette échéance, si les modèles numériques présentent une grande dispersion des scénarios, il existe déjà un point commun : des températures qui seraient supérieures à la normale sur notre pays. On peut y voir le signe d’un mois très printanier. Les incertitudes résident quant au type de temps dominant. Notre modèle envisage des conditions anticycloniques, ce qui serait alors synonyme d’un beau temps sec et bien ensoleillé en général. D’autres modèles prévoient des conditions un peu plus changeantes, parfois instables, ce qui pourrait alors déclencher une évolution orageuse ponctuelle sur notre pays. Les températures seraient supérieures de +1°C aux moyennes avec des précipitations inférieures d’environ 20%.

En conclusion, notre hiver 2023-2024 devrait être assez doux, même si l’excédent de températures s’annonce moins important qu’au cours de l’automne, et moins marqué aussi que lors de l’hiver dernier (avec +0,7°C au-dessus des moyennes) avec un excédent qui pourrait approcher +0,5°C. Alors que l’hiver dernier avait été très sec (-28% de précipitation), il s’annonce cette année plus humide compte tenu des quantités tombées en décembre, ce qui permettra d’aborder plus sereinement le printemps, à l’exception de l’extrême sud-est où la situation reste préoccupante.

* Ces prévisions à long terme reposent sur une analyse des anomalies vues par le modèle développé par METEO CONSULT. Il existe de nombreux autres modèles de prévisions saisonnières qui peuvent présenter des scénarios parfois assez différents.



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