Le rêve américain de Ralph Lauren


Un petit Juif né dans le Bronx, originaire de Biélorussie. Son véritable nom est Lifschitz, autant dire imprononçable à New York. Il l’a immédiatement modifié quand il s’est lancé dans le prêt-à-porter, conservant ses initiales RL. On n’aurait pas misé un centime sur ce gars-là et pourtant, à force de détermination et de bagout, il est parvenu à vendre ses cravates plus larges que la moyenne. Même chez Bloomingdale’s, c’est dire ! Et le succès est là. Ralph Lauren rêve d’habiller les preppies qui passent leurs week-ends à Nantucket ou dans les Hamptons. Il imagine un vestiaire à l’élégance désinvolte, impose la veste croisée sur le pantalon chino. Quelque part sur une plage du cap Cod, un couple se promène, un bouquin de Kerouac dépasse de la poche d’un gilet en laine torsadé, on entend presque le cri des mouettes et le chant des goélands, au loin il y a une régate, bienvenue dans l’univers de Ralph Lauren ! 

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Le jeune entrepreneur s’attaque bientôt au western, le jean se marie avec le daim et l’écossais ; il pose avec sa femme devant son ranch au Colorado, tout le monde voudrait faire partie de sa famille. Il lance une ligne junior pour les enfants, puis une autre plus sportswear, il crée une collection de décoration intérieure, son chic est intemporel. Le cinéma le fascine, il se bat pour habiller Robert Redford et Mia Farrow dans The Great Gatsby. Mais ce n’est pas suffisant, il cherche celle qui l’incarnera et le fera entrer dans la légende. Elle est blonde et diaphane, svelte, élancée, elle est nommée aux Oscars pour Shakespeare in Love. Gwyneth Paltrow, au faîte de sa gloire, gravit les marches dans une robe de soie rose pâle signée Ralph Lauren, elle brandit à bout de bras la statuette qu’elle vient de remporter, le mythe est né. Aujourd’hui, à 84 ans, Ralph Lauren est le patron d’un empire colossal, il vient de faire la couverture du Time Magazine. C’est son histoire que nous raconte en virevoltant le brillant Jérôme Kagan, on appelle cela l’American Dream, et on a diablement envie de rêver !

RALPH LAUREN, UN RÊVE D’AMÉRIQUE JÉRÔME KAGAN, SÉGUIER, 188 PAGES, 19 EUROS.

RALPH LAUREN, UN RÊVE D’AMÉRIQUE JÉRÔME KAGAN, SÉGUIER, 188 PAGES, 19 EUROS.

© SÉGUIER



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