les contaminations épargnent pour l’instant les producteurs charentais-maritimes


S’ils ne cèdent pas à la psychose, un fort vent d’inquiétude souffle cependant chez les ostréiculteurs de la Charente-Maritime. Les fermetures sanitaires induites par la présence de norovirus qui ont frappé à tour de rôle depuis le 20 décembre dernier le nord de la baie de Bourgneuf en Vendée, puis une zone de production du golfe du Morbihan, avant le bassin d’Arcachon et les secteurs de Grandcamp-Maisy et Saint-Vaast-la-Hougue en Normandie, ont pour l’heure épargné les zones de production des pertuis et des marais charentais. Mais, les 900 producteurs concernés redoutent cet étau qui se resserre.

Ce matin du 4 janvier, des « résultats d’analyses ont levé…

S’ils ne cèdent pas à la psychose, un fort vent d’inquiétude souffle cependant chez les ostréiculteurs de la Charente-Maritime. Les fermetures sanitaires induites par la présence de norovirus qui ont frappé à tour de rôle depuis le 20 décembre dernier le nord de la baie de Bourgneuf en Vendée, puis une zone de production du golfe du Morbihan, avant le bassin d’Arcachon et les secteurs de Grandcamp-Maisy et Saint-Vaast-la-Hougue en Normandie, ont pour l’heure épargné les zones de production des pertuis et des marais charentais. Mais, les 900 producteurs concernés redoutent cet étau qui se resserre.

Ce matin du 4 janvier, des « résultats d’analyses ont levé des suspicions concernant quatre zones de production au sud de La Tremblade, à Bourcefranc-le-Chapus et dans l’île d’Oléron », précise un peu soulagé le président du Comité régional conchylicole de Charente-Maritime. « Mais attention, c’est une situation à l’instant T », ajoute avec prudence Philippe Morandeau qui ne préjuge pas de l’avenir et notamment des résultats attendus ce vendredi 5 pour six autres secteurs.

L’attente pour six zones

L’interprofession conchylicole et les services de l’État collent à l’évolution de la situation. Une réunion pour un point sanitaire a été convoquée cette après-midi du 4, deux jours après une précédente. « Une collègue a joint dans la matinée les services du préfet, ils ne veulent pas affoler pour rien », explique Laurent Chiron, le président du Groupement Marennes-Oléron. « Nous avons des résultats d’analyses tous les jours et je ne vais pas aller plus vite que les prélèvements sanitaires, renchérit Philippe Morandeau. Il n’y a pas de résultat négatif pour l’instant, je ne vais donc pas demander de fermeture, les collègues me sauteraient dessus ! »

Ce qui a ouvert la suspicion dans dix de la trentaine de zones qui découpent les secteurs de surveillance sanitaire des coquillages dans le département ? « 53 toxi-infections alimentaires collectives qui nous ont été signalées et où il y avait des huîtres de Charente-Maritime à table », précise Myriam Peuron, à la tête de la Direction départementale de protection des populations en Charente-Maritime.

Dans le cadre de la veille sanitaire, les médecins déclarent aux services de l’État ces gastro-entérites quand elles affectent au moins deux personnes qui ont partagé le même repas. La chaîne de la traçabilité est alors remontée par la Direction départementale des populations, en lien avec la Direction départementale des territoires et de la mer. Il s’agit au fil de ces investigations chez le producteur et sur le lot suspect (quand il existe encore) de déterminer s’il y a corrélation entre l’infection et la consommation d’huîtres, ou s’il s’agit d’une commune épidémie de gastro-entérite. « Nous sommes encore en attente de beaucoup de résultats d’analyses », poursuit la responsable du service vétérinaire, tandis que le directeur de cabinet du préfet Emmanuel Cayron, plutôt rassurant, pointe le fait que les pics de ces toxi-infections correspondent à des repas autour de Noël et qu’il n’y a pas eu de signalement depuis.

Un effet domino

« Tant que nous n’avons pas de contrordre, il ne faut pas rater le rendez-vous du week-end prochain, même si nous vendons moitié moins que d’habitude », commente Cyril Pain qui, ce jeudi, chargeait son camion pour ses marchés hebdomadaires dans le centre de la France. L’ostréiculteur du Château-d’Oléron reste confiant dans son système hydraulique et en premier lieu dans ses claires d’affinage qui lui ont permis d’isoler ses huîtres depuis le début du mois de décembre, des marais dont les fonctions dépuratives sont avérées. « Après, des huîtres arrivent de partout et ça, ça change la donne », module Philippe Morandeau pointant des moutons noirs peu respectueux des normes d’affinage.

S’ils ne sont pas encore frappés au plan sanitaire, les ostréiculteurs charentais ont en revanche subi une mévente en fin d’année. Un effet domino relié aux informations sur les fermetures sanitaires d’autres centres de production et en particulièrement celles d’Arcachon. « Noël s’était plutôt bien passé, mais pour la Saint-Sylvestre les gens ne nous ont parlé que de ça sur les marchés, certains ont annulé des commandes, nous enregistrons des baisses de 20 à 40 % selon les établissements », décrit Fanny Marié, présidente des Huîtres Charente-Maritime. Un tassement confirmé par Laurent Chiron pour la marque Marennes-Oléron avec cette illustration : « J’ai le cas d‘un collègue qui vend au Pays basque. Il est parti sur ses marchés du Nouvel An avec deux camions et il en est revenu avec un encore rempli. »

L’Adeba porte plainte sur le Bassin

L’Adeba (Association de défense des eaux du bassin d’Arcachon) a, le 29 décembre, déposé une plainte contre le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon à la suite de la contamination du Bassin par le norovirus. L’objet de la plainte est « la pollution des eaux » de ce dernier. Selon l’Adeba, depuis l’automne, les réseaux d’eaux usées ont régulièrement débordé, provoquant le déversement d’importantes quantités d’eaux usées dans le Bassin. « La qualité des eaux de ce dernier en a été fortement altérée », estime ainsi l’association.



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