Inflation : Pepsi, 7up, Lay’s… Carrefour boycotte PepsiCo, Leclerc « tenté » de suivre


Publié le 4 janv. 2024 à 11:05Mis à jour le 4 janv. 2024 à 19:26

« Carrefour, engagé pour faire baisser les prix »… jusqu’au bras de fer. Le géant de la grande distribution ne vend plus, depuis ce jeudi, de produits de l’agro-industriel PepsiCo France. Il accuse l’entreprise – qui lui fournit les marques Pepsi, 7up, Lipton, Lay’s, Bénénuts, Doritos ou encore Alvalle – de vouloir lui imposer une « hausse de prix inacceptable » sur ces produits, selon des informations révélées par le spécialiste de la consommation Olivier Dauvers et confirmées par Carrefour.

Interrogé ce jeudi matin sur franceinfo, Michel-Edouard Leclerc a indiqué que les centres E.Leclerc sont « tentés » d’adopter la même stratégie de boycott. « Nous sommes le seul distributeur à avoir un accroissement en volume », a toutefois nuancé le président du comité stratégique du premier distributeur français. « C’est un argument que nous avons pour les industriels qui n’ont pas fait beaucoup de croissance . »

« Des négociations très dures »

Selon Michel-Edouard Leclerc, les industriels demandent tous des hausses de 6 % à 10 % en moyenne. « Il y a quelquefois des 20 %. Nous, on va chercher de la déflation. On aura des baisses et une inflation bien plus normale », a-t-il précisé. Mais « oui », E.Leclerc est prêt à boycotter des produits, même si « ce n’est jamais un jeu gagnant », a-t-il prévenu. « Les consommateurs ne veulent pas payer cher, mais s’ils n’ont pas leur produit, on les envoie chez le concurrent », a-t-il reconnu.

Interrogé mercredi sur BFMTV, le patron de Système U, Dominique Schelcher, est déjà allé dans le même sens que son concurrent. Il a en outre déploré « beaucoup d’attentisme » chez certains industriels. « On n’a pas encore vu Danone dans les discussions, les premiers rendez-vous ont été fixés maintenant », a-t-il donné en exemple. « La loi sous laquelle on discute actuellement est très favorable aux industriels et ils le savent. »

« Il y a aussi des bonnes nouvelles . On s’est mis d’accord avec Yoplait, Entremont, une coopérative importante en Bretagne qui s’appelle Laïta », a cependant notifié Dominique Schelcher. Fin décembre, il avait déjà annoncé des baisses de prix. « Le prix des pâtes va baisser, c’est très variable d’une marque à l’autre, jusqu’à deux chiffres. Le prix des chips va baisser », avait alors assuré le patron de Système U sur RTL.

Recul de l’inflation alimentaire en décembre

Selon des données publiées ce jeudi par l’Insee , les prix de l’alimentation, qui avaient été le principal moteur de l’inflation en 2023 avec un pic à près de 16 % au printemps, ont continué à ralentir, à +7,1 % sur un an en décembre (après +7,7 % en novembre). Mais les prix des produits frais ont suivi la tendance inverse, s’inscrivant en hausse de 8,8 % en décembre, après 6,6 % en novembre. Une augmentation qui reste plus soutenue que l’inflation générale, estimée à 3,7 % en décembre, après 3,5 % en novembre.

Pour permettre une baisse des prix de l’alimentation rapide, dans la foulée du reflux de l’inflation sur les marchés des matières premières , le gouvernement et le Parlement français ont imposé une accélération des négociations entre industriels et distributeurs. Les contrats avec les multinationales doivent être signés avant le 31 janvier, soit un mois plus tôt que prévu initialement , et les contrats avec les PME avant le 15 janvier, soit deux semaines plus tôt.



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