une double explosion fait au moins 95 morts près de la tombe d’un général iranien


Au moins 95 personnes ont été tuées et 211 autres ont été blessées dans une double explosion, mercredi 3 janvier, près de la tombe du général iranien Qassem Soleimani, qui était l’architecte des opérations militaires iraniennes au Moyen-Orient et dont l’Iran célébrait la mémoire, pour le quatrième anniversaire de la mort, a rapporté un média d’État.

L’agence de presse officielle Irna avait évoqué dans un premier temps un bilan de 103 morts, la télévision d’État faisant mention de 211 blessés, dont certains dans un état critique. Le ministre de la santé, Bahram Eynollahi, a ensuite révisé à 95 le nombre de personnes tuées, expliquant que certains noms « avaient été enregistrés deux fois ».

Une double explosion a eu lieu près de la mosquée Saheb al-Zaman, où se trouve la tombe du général Soleimani, à Kerman, dans le sud de l’Iran. Une foule compacte composée de représentants du régime et d’anonymes y était rassemblée pour une cérémonie.

L’attaque, qualifiée d’attentat par des responsables iraniens et les médias d’État mais qui n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, survient dans un contexte régional très tendu depuis le début du conflit il y a près de trois mois entre Israël et le Hamas à Gaza, et au lendemain de l’élimination d’un haut responsable du mouvement islamiste palestinien dans une frappe aérienne près de Beyrouth.

Deux explosions à quelques minutes d’intervalle

Selon l’agence iranienne Tasnim, qui cite des sources bien informées, les explosions ont été provoquées par des « bombes dissimulées dans deux sacs ». « Les auteurs des faits ont apparemment activé les bombes via une télécommande », selon la même source. « Nous marchions vers le cimetière lorsqu’une voiture s’est soudainement arrêtée derrière nous et qu’une poubelle contenant une bombe a explosé », a indiqué un témoin cité par l’agence de presse Isna.

L’agence Isna, qui cite le maire de Kerman, Said Tabrizi, explique que les explosions se sont produites à dix minutes d’intervalle.

« Réponse sévère »

À la tombée de la nuit, de nombreuses personnes sont revenues au cimetière de Kerman en scandant « Mort à Israël ! » et « Mort à l’Amérique ! ». À Téhéran, des milliers de personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Soleimani. « Nous condamnons le terrible attentat terroriste d’aujourd’hui (…) J’espère que les auteurs de ce crime seront identifiés et punis pour leurs actes », a déclaré Zeinab, la fille du général Soleimani.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei a quant à lui promis une « réponse sévère » à l’attentat, condamné comme un acte « odieux et lâche » par le président Ebrahim Raïssi. Le gouvernement iranien a décrété jeudi « journée de deuil national dans tout le pays » après l’attaque.

Réactions internationales

« L’assassinat de personnes pacifiques visitant un cimetière est choquant par sa cruauté et son cynisme », a réagi le président russe Vladimir Poutine dans un message envoyé à son homologue iranien, Ebrahim Raïssi, et à l’ayatollah Ali Khamenei, selon le Kremlin. « Nous condamnons fermement le terrorisme sous toutes ses formes », a ajouté le président russe pour qui l’Iran est un allié.

L’Union européenne a également condamné « dans les termes les plus forts » un « acte terroriste ». « L’UE exprime sa solidarité avec le peuple iranien », a indiqué un porte-parole du service diplomatique de l’UE dans un communiqué, dénonçant un « nombre choquant » de victimes civiles. Les auteurs de cet attentat « devront rendre des comptes », ajoute le texte.

Le chef de l’ONU a de son côté « condamné avec force » cette attaque. « Le secrétaire général (Antonio Guterres) appelle à ce que les responsables soient traduits » en justice, a déclaré sa porte-parole adjointe Florencia Soto Nino dans un communiqué.

Tué par un drone américain en 2020

Qassem Soleimani avait été tué en janvier 2020, à l’âge de 62 ans, lors d’une attaque de drone américain en Irak. Homme clé du régime iranien, il était également l’une des personnalités publiques les plus populaires du pays.

Après avoir servi dans la guerre Iran-Irak de 1980-1988, il a rapidement gravi les échelons pour devenir finalement chef de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique.

Déclaré « martyr vivant » par l’ayatollah Ali Khamenei, alors qu’il était encore en vie, Soleimani était considéré comme un héros pour son rôle dans la défaite du groupe djihadiste État islamique en Irak et en Syrie. Le guide suprême iranien avait, au moment de la mort du général, décrété trois jours de deuil national.



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