Iran : l’Etat islamique revendique l’attentat de Kerman qui a fait 84 morts


Publié le 3 janv. 2024 à 18:11Mis à jour le 4 janv. 2024 à 17:36

Dans un Moyen-Orient sous haute tension, l’Iran a connu ce mercredi l’une des attaques les plus meurtrières sur son sol depuis des décennies. Une double explosion a fait, selon un dernier bilan jeudi, 84 morts à Kerman, dans le sud du pays, lors d’une cérémonie d’hommage au général Qassem Soleimani, tué en 2020 par un drone américain. Les bombes, dissimulées dans des sacs et déclenchées à distance, selon des médias locaux, ont explosé au milieu d’une foule compacte rassemblée près de la tombe du puissant général à l’occasion du quatrième anniversaire de sa mort.

L’attaque a été revendiquée jeudi par le groupe Etat islamique. Elle a été rapidement qualifiée d’acte « terroriste » par les autorités locales. Une journée de deuil national a été décrétée jeudi. Le président, Ebrahim Raïssi, a condamné un acte « odieux et lâche », son homologue russe Vladimir Poutine se disant pour sa part « choqué par sa cruauté et son cynisme » dans un message au président iranien et à l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier a promis une « réponse sévère ». De leur coté, les Etats-Unis ont jugé « absurde » toute suggestion que les Etats-Unis ou Israël seraient impliqués dans cet attentat et assuré qu’aucun pays n’avait « intérêt à une escalade » dans la région. L’Union européenne a pour sa part condamné un « acte terroriste » et dit « exprimer sa solidarité avec le peuple iranien ».

Grande figure du régime iranien, ne répondant qu’au Guide Suprême, l’ayatollah Khamenei, le général Qassem Soleimani était considéré comme l’un des artisans de l’influence de Téhéran au Liban, en Afghanistan, en Irak, en Syrie et au Yémen. En plein regain de tension entre Washington et Téhéran, après plusieurs attaques contre des bases militaires et l’ambassade américaines en Irak, Donald Trump avait décidé d’éliminer le général iranien. Laissant craindre un embrasement de la région.

Tensions régionales

L’attaque de ce mercredi intervient également dans un contexte de forte fébrilité dans la région. Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, les tensions se multiplient à la frontière israélo-libanaise, en Syrie et en Irak, où des bases américaines sont prises pour cible.

Mardi, une frappe attribuée à l’Etat hébreu près de Beyrouth a tué le numéro deux politique du mouvement terroriste palestinien, Saleh al-Arouri. Israël n’avait encore jamais frappé si près de la capitale libanaise, dans le fief du Hezbollah libanais, depuis le début du conflit. L’armée israélienne s’est dite mercredi prête à faire face à « tout scénario » au lendemain de la frappe.

En mer Rouge également, les tensions montent : les rebelles yéménites Houthis ont mené plus d’une vingtaine d’attaques contre des navires pour freiner le trafic maritime dans ce couloir stratégique où circule 12 % du commerce maritime mondial, en guise de soutien aux Palestiniens. Mercredi, ils ont affirmé avoir attaqué un navire du transporteur français CMA CGM qui a annoncé dans la foulée un quasi-doublement de ses tarifs de fret à partir du 15 janvier pour les échanges entre l’Asie et la Méditerranée.



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