Après la noyade d’une jeune femme au Havre, la sécurité des bassins en question


Le corps d’une jeune femme de 22 ans a été retrouvé dans un bassin du Havre ce mardi 2 janvier. Si l’on ignore encore les causes exactes de son décès, on peut s’interroger sur la sécurité des abords du port. Au Havre et à Caen, de nombreux accidents et noyades ont poussé les municipalités à prendre des mesures de protection des bords de l’eau.

Un nouveau drame survenu au Havre la nuit du 31 décembre 2023, met douloureusement en lumière les dangers de se promener le long des bassins, qui plus est en pleine nuit. Une jeune femme originaire de Pîtres dans l’Eure, a été retrouvée morte ce mardi 2 janvier dans la zone portuaire, près du canal de Tancarville.

Elle avait disparu dans la nuit de la Saint-Sylvestre, alors qu’elle rentrait seule à son domicile, où des amis l’attendaient. Des images de vidéosurveillance semblent indiquer qu’il s’agirait d’une chute accidentelle dans le bassin.

Quelques années auparavant, toujours au Havre le 1er janvier 2019, c’était un jeune homme de 27 ans qui avait été retrouvé noyé dans le bassin du commerce.

Ces accidents arrivent malheureusement de temps en temps, dans ces villes où les lieux de convivialité se trouvent à proximité des bassins ou des bords de fleuve, comme la Seine ou l’Orne. C’est le cas du Havre ou encore de Caen.

Au Havre, les bars sont plutôt situés en centre-ville. Mais lorsque la soirée s’éternise, il faut alors longer les ponts et les bassins pour rejoindre le quartier de l’Eure et rejoindre les discothèques.

Entre mars 2017 et juin 2018, cinq personnes ont trouvé la mort au Havre dans des circonstances similaires. Le 31 mars 2017, un jeune homme, Boris, est retrouvé dans le bassin de la citadelle après une soirée dans un bar. Le 31 mars 2018, le corps de Jordan a été retrouvé dans le bassin Vauban après une soirée en discothèque. Le corps d’une femme a également été retrouvé dans le bassin de l’Eure le 20 mai 2018.

Retrouvez le reportage de France 3 Normandie :




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©France télévisions

Tous ces drames avaient donné lieu en 2018 au lancement d’une pétition en ligne par Arthur Beaulieu, un jeune homme dont deux de ses connaissances faisaient partie des victimes havraises. Il demandait alors “l’instauration de garde-corps sur les bassins havrais”, et s’adressait au maire de l’époque Luc Lemonnier, ainsi qu’à Édouard Philippe devenu Premier ministre. Les pétitionnaires demandaient davantage d’échelles et de bouées, et un système de vidéosurveillance.

La municipalité avait alors répondu que la pédagogie était plus simple à mettre en place que des installations fixes, et que la sécurité des bassins était assurée par un niveau suffisant d’éclairages.

Les choses ont progressivement évolué. Depuis 2019, la ville du Havre a installé petit à petit 35 bouées de sauvetage aux abords des bassins se situant à proximité des lieux de vie nocturne et des lieux de promenades urbaines (bassin du commerce, bassin du Roy, bassin de l’Anse Notre-dame, bassin Vatine et quai Southampton).

Pour rendre le dispositif plus visible de jour comme de nuit, la municipalité expérimente une nouvelle idée sur le bassin du Commerce : la mise en peinture blanche des échelles et des escaliers, ainsi qu’un éclairage autonome alimenté par panneaux photovoltaïques.

Les premières rambardes de sécurité ont été installées en 2015 dans le port de Caen, après que cinq personnes se sont noyées dans le port les années précédentes. La Ville avait donc souhaité dans un premier temps, renforcer la sécurité dans le port de plaisance.

700 mètres de barrières furent ainsi installés, ainsi que 1 200 mètres de lignes de vie, de nouvelles échelles sur le bord du bassin, et de nouvelles bouées de sauvetage.

À l’époque, des kits de secours (contenant échelle pliante, bouée, lampe et corde et couverture de survie) avaient également été distribués aux bars des alentours. Le maire de la ville Joël Bruneau avait également tenu à rappeler que la sécurité était aussi une affaire de responsabilité individuelle.

Plus récemment, un jeune homme de 22 ans a été retrouvé mort en juillet 2021 sur les bords de l’Orne, sous le pont de Bir-Hackeim. Tombé dans l’eau le 11 juillet, son corps avait été retrouvé cinq jours plus tard. Sa famille avait alors lancé une pétition le 31 janvier 2022 pour interpeller la mairie de Caen sur la sécurité des lieux, d’autant que dans les semaines qui ont suivi son décès, deux autres accidents étaient à déplorer.

La famille demandait notamment des rambardes le long des quais de l’Orne, davantage d’éclairage public, et un système de vidéosurveillance. La municipalité ne juge pas nécessaire pour l’instant de sécuriser davantage les bords du fleuve.

“On a mis en place en 2016 des barrières autour du bassin Saint-Pierre dans le centre-ville, par mesure de précaution. Il y a effectivement pas mal de bars et de boîtes de nuit le long du bassin. À Caen, on a peu d’accidents purs, mais plutôt des chutes liées à une alcoolisation excessive”, indique la municipalité caennaise.

Qu’il s’agisse d’accidents, de suicides ou de meurtres, les bassins et les zones portuaires sont souvent des lieux de faits divers dramatiques.





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