le film “Les Segpa au ski” déprogrammé de certaines salles de cinéma


La programmation du film Les Segpa au ski, qui cartonne au box-office, entraîne de nombreux débordements dans les salles de cinéma. À tel point que certains établissements préfèrent déprogrammer le film de leurs salles.

Sorti le 27 décembre dernier, le film Les Segpa au ski cartonne au box-office. Mais les projections de cette comédie potache font l’objet de nombreux débordements dans les salles de cinéma, des débordements dont les vidéos sont largement partagées sur les réseaux sociaux.

Cris, jets de bouteille, bagarres, pétards et intervention de la police, c’est ce qui est notamment arrivé lors d’une séance au Clap à Bollène dans le Vaucluse: “Il y avait des personnes qui sortaient parce qu’ils prenaient des canettes sur la tête et des pétards”, raconte à RMC Noël Gabard projectionniste au cinéma le Clap.

“Avec ma collègue, on a estimé que c’était trop dangereux donc au bout d’une heure on a décidé d’interrompre la séance. On a appelé la gendarmerie et on a mis tout le monde dehors”, ajoute-t-il.

Le projectionniste a été contraint d’employer des vigiles pour assurer le calme, mais plusieurs cinémas comme Le grand club à Mont-de-Marsan ont carrément préféré déprogrammer Les Segpa au ski jusqu’à nouvel ordre.

"Les Segpa au ski" déprogrammé dans plusieurs salles de ciné - 03/01
“Les Segpa au ski” déprogrammé dans plusieurs salles de ciné – 03/01

“Cela fait 20 ans que ça existe”

Venu voir le film avec son fils, Youssef lui, a dû rappeler à l’ordre certains spectateurs qui ont commencé à chahuter au début de la séance: “Je fais 1m90, 105 kg, je me suis levé, j’ai dit que je n’étais pas là pour regarder un film et faire la police en même temps mais que je serais à même de distribuer quelques taquets au cas où. Je crois qu’avec un certain public il faut adopter un certain comportement”, assure-t-il aux “Grandes Gueules“.

Pour Noël Gabard le projectionniste, le film attire un public moins habitué aux salles de cinéma:

“C’est un public de jeunes, entre potes, qui rigolent et font les zouaves. Il y a aussi l’effet réseau social”, estime-t-il.

Yazid, employé de cinéma à Avignon assure que ce n’est pas la première fois: “Cela fait 20 ans que ça existe, ce n’est pas un épiphénomène. Dès qu’il y a un film d’horreur ou des films qui touchent les populations des quartiers, des populations qui n’ont pas l’habitude d’aller au cinéma, c’est comme ça”.

Des bons chiffres pour les salles de cinéma qui prennent le risque

Et les cinémas y trouvent leur compte assure Yazid: “On met des agents de sécurité, on fait notre chiffre grâce à ce genre de film et c’est une population qui consomme même si c’est la pagaille”, concède-t-il.

Les Segpa au ski raconte l’histoire d’une classe de jeunes pendant leur dernière année de lycée qui vont participer à des jeux d’hiver interlycées. Et pour gonfler leur effectif lors des épreuves sportives, le lycée fait appel aux Segpa, des sections d’enseignement adaptés pour les élèves en difficulté. Et pour connaître la fin, il faut se rendre sur les réseaux sociaux où des internautes postent les dernières minutes du film, pour ceux qui n’auraient pas pu la voir en raison des nombreuses évacuations de salles.

Léonie Guilbaut avec Guillaume Dussourt



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