Aux Etats-Unis, la présidente de l’université Harvard Claudine Gay acculée à la démission


La présidente de l’université Harvard, Claudine Gay,  à Washington, le 5 décembre 2023.

Claudine Gay, la première présidente noire de Harvard, restera comme celle dont le mandat aura été le plus court. Six mois après avoir pris la tête de la prestigieuse université de la Côte est des Etats-Unis, l’universitaire d’origine haïtienne a annoncé sa démission mardi 2 janvier après avoir essuyé un tir de barrage sur deux fronts : sa gestion des divisions sur le campus à propos de la guerre entre Israël et le Hamas et les accusations de plagiats dans sa thèse de doctorat, opportunément ressorties par les médias conservateurs.

Après avoir été critiquée dans tout le pays pour le formalisme de ses réponses, lors d’une audition au Congrès, le 5 décembre 2023, sur l’antisémitisme dans les universités, la présidente avait reçu le soutien des professeurs et étudiants afro-américains de Harvard. Si elle pensait être tirée d’affaire, elle a dû déchanter. Mardi, de nouvelles révélations sont sorties sur les plagiats auxquels elle se serait livrée lors de la rédaction de sa thèse de doctorat en 1997. Allégations jugées crédibles par le journal étudiant Harvard Crimson. Celui-ci avait néanmoins appelé Claudine Gay à rester en fonctions, estimant que les copies étaient davantage le résultat de négligences que de malveillances.

Dans sa lettre de démission, Claudine Gay, 53 ans, politologue spécialiste des questions de race et d’identité, fait part de son « désarroi » d’avoir été contestée à la fois sur son engagement à « affronter la haine » à Harvard et sur son souci de rigueur scientifique : « Deux valeurs fondamentales », dit-elle, auxquelles elle est attachée. Elle se dit aussi « effrayée » par les attaques personnelles et les menaces dont elle a fait l’objet, empreintes, selon elle, de racisme. « Il est devenu clair pour moi qu’il est dans l’intérêt de Harvard que je démissionne afin que notre communauté puisse traverser cette période de défi extraordinaire en se concentrant sur l’institution plutôt que sur ma personne », écrit-elle.

Arguties sur la liberté d’expression

Dès le lendemain de l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, Claudine Gay avait été critiquée pour ne pas avoir réagi avec suffisamment de vigueur dans sa défense d’Israël et la condamnation des prises de position des étudiants propalestiniens semblant justifier l’agression. Lors d’une audition à la Chambre des représentants sur « l’antisémitisme sur les campus » , elle avait été bousculée par la représentante républicaine de New York Elise Stefanik, qui lui demandait de condamner « les appels au génocide » contre Israël. Plutôt que de répondre que le terme « intifada » n’était pas une incitation au génocide, pas plus que le slogan « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre », Claudine Gay s’était emmêlée dans des arguties sur la liberté d’expression.

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