Claude Bloch, dernier survivant lyonnais d’Auschwitz, est mort – Libération


Rescapé de la Shoah, Claude Bloch est décédé à 95 ans. Il s’était beaucoup investi dans les témoignages sur l’Holocauste auprès des jeunes.

C’est une nouvelle voix de rescapé de la Shoah qui s’éteint. Survivant du camp d’Auschwitz où il avait été interné adolescent, le lyonnais Claude Bloch est décédé à 95 ans, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi le maire de Lyon Grégory Doucet sur le réseau social X. «C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris ce soir la mort de Claude Bloch. Rescapé d’Auschwitz, il fut un passeur de mémoire auprès des jeunes générations tout au long de sa vie», a écrit l’élu, adressant ses «plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches». Début mai, Claude Bloch, dernier rescapé d’Auschwitz vivant à Lyon, avait participé à l’hommage à Jean Moulin rendu à la prison de Montluc par le président Emmanuel Macron.

Claude Bloch avait quinze ans lorsqu’il a été arrêté en 1944 avec sa mère et son grand-père. Interné à la prison de Montluc, il est envoyé à Drancy puis déporté à Auschwitz par le convoi n° 77, le dernier convoi parti pour Auschwitz de la gare de Bobigny, sous le matricule B 3 692. Transféré au camp de Stutthof en janvier 1945, il échappe aux marches de la mort de la fin de la guerre. Entassé sur un cargo miné avec d’autres déportés il est finalement sauvé par la Croix rouge suédoise. «Dans une école de campagne, les Suédois avaient installé un hôpital. J’ai eu des piqûres de camphre pendant une huitaine de jours et au bout de huit jours, le médecin qui parlait bien français m’a dit «Quand tu es arrivé je t’aurais pas donné 24 heures !». Donc, c’était temps que ça se termine ! Et le plus fort, c’est que je ne m’en rendais pas compte. On ne se rend pas compte dans ces cas-là que l’on part doucement…», racontait-il sur les conditions de sa libération.

Après la guerre, Claude Bloch fonde une famille et devient père de trois enfants. «Je dis toujours que j’ai 16 membres de ma famille alors que j’aurais dû n’avoir personne, je n’aurais pas dû rentrer», disait-il à ActuLyon en novembre 2022.

A partir de 1995, à l’instar de Ginette Kolinka, le rescapé s’est fait un devoir de raconter son histoire et de témoigner auprès des plus jeunes de ce qui lui était arrivé. «J’ai échappé au typhus. J’ai échappé à beaucoup de choses. J’ai eu la dysenterie mais je m’en suis sorti. Les gens me demandent comment je m’en suis sorti. Je n’en sais rien. Un peu de débrouillardise pour trouver un peu de nourriture, des rutabagas qui traînaient par là, racontait-il à propos de son passage dans les camps de la mort. Il faut croire que mon heure n’était pas arrivée».

Le président de la République lui a également rendu hommage sur X. «Claude Bloch portait en lui la déchirure de l’Histoire. Toute sa vie, il fut un passeur de la mémoire de la Shoah. C’est à nous tous que revient le devoir de continuer à la transmettre», a écrit Emmanuel Macron.



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