« Sa survenue dans cette région n’est pas une surprise »


A Marrakech, un habitant se fraye un chemin dans les décombres après le séisme de magnitude 6,8 qui a secoué la région, dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023.

Un puissant séisme a frappé le Maroc dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre, et fait plus de mille morts. Selon le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) marocain, l’épicentre de la secousse se situait dans la province d’Al Haouz, au sud-ouest de la ville de Marrakech. Robin Lacassin, géologue et tectonicien à l’Institut de physique du globe de Paris et au CNRS, fait le point sur la vulnérabilité sismique de la zone.

Que sait-on du séisme qui a frappé la région de Marrakech dans la nuit du 8 au 9 septembre ?

C’est un séisme de magnitude forte, de 6,8 à 6,9, selon l’échelle de magnitude du moment (Mw), qui mesure l’énergie libérée par le séisme. [Cette échelle n’est pas limitée ; contrairement à celle des cyclones, elle est « ouverte ». Le plus gros séisme enregistré a eu lieu à Valdivia, au Chili, en 1960, avec une magnitude de 9,5.] Cette énergie, liée au mécanisme de glissement sur la faille, à sa rupture, détermine la taille du séisme. L’échelle de magnitude de Richter, première à avoir été utilisée par les sismologues à partir de 1935, n’est plus employée car imprécise et non adaptée pour mesurer les séismes de forte magnitude.

Cette échelle qualifie-t-elle également l’intensité ?

Non. L’échelle qui mesure l’intensité est établie en prenant en compte les dégâts, le ressenti et elle dépend bien sûr de la distance au séisme à laquelle on la mesure. Cette échelle, anciennement appelée « de Mercalli », est notée de I à XII. Elle est déterminée par les évaluations des dégâts, le nombre et le type de bâtiments et d’infrastructures détruites. Mais on ne dispose de ces informations que quelques semaines plus tard.

Peut-on déjà évaluer quelle sera l’ampleur des dégâts ?

On a peu d’informations et il est encore trop tôt pour faire le bilan. Ce que l’on voit sur les photographies, ce sont surtout des constructions anciennes. Souvent construites avec des pierres assemblées par du mortier, elles ne sont bien sûr pas antisismiques. Mais ces photos montrent surtout des quartiers anciens de Marrakech, de la médina. De plus, c’est un séisme de montagne, dans une région où les localités sont très vulnérables, car construites de manière traditionnelle.

Selon vous, faut-il compter avec des répliques futures ?

Comme dans tout séisme, il y aura des répliques, qui peuvent se produire dans les prochains jours, voire les prochaines semaines. Elles sont généralement de magnitude plus faible que la secousse principale. Mais s’agissant d’un séisme de magnitude 6,8, ces répliques pourraient être de magnitude 5 ou 6. Ce qui, sur des constructions déjà fragilisées, peut accroître notablement le bilan.

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