la Tunisienne Selima Sfar accuse de viols son ancien entraîneur Régis de Camaret


Selima Sfar, la première femme de l’histoire du tennis tunisien à être entrée dans le top 100 de la WTA, a livré un témoignage poignant lundi dans le quotidien L’Équipe : elle y affirme que l’entraîneur français Régis de Camaret l’a violée à plusieurs reprises lorsqu’elle était adolescente. Le Français a déjà été condamné par le passé pour des faits similaires.

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“Aujourd’hui, à 46 ans, je peux parler parce que j’ai beaucoup travaillé sur moi et été aidée. La honte a disparu.” Selima Sfar, l’ancienne star du tennis tunisien, a livré un long entretien au quotidien sportif L’Équipe dans lequel elle révèle qu’elle a subi des viols à partir de l’âge de 12 ans et demi de son entraîneur Regis de Camaret, condamné en 2014 à dix ans de prison pour viols.

“Quand j’avais 12 ans et demi, j’ai été abusée par Régis de Camaret”, pendant “pratiquement trois ans”, témoigne-t-elle.

“J’ai mis 25 ans à me l’avouer”

Sur le trajet pour revenir de l’aéroport de Bordeaux, en provenance de Tunis, “il était une heure du matin, il s’est arrêté sur le bas-côté et il a commencé à me toucher”, dit Selima Sfar. “À cet instant-là, je ne savais même pas ce qui se passait, je ne comprenais pas du tout.”

“J’étais paralysée, je ne pouvais plus bouger. Je suppose que c’était un moyen de voir si j’allais réagir ou pas. J’étais sous le choc, comme si on branchait un ordinateur de 220 volts sur du 550. Tu es tétanisée”, raconte-t-elle.

“On a continué la route et on est arrivés chez lui, tard. À l’étage, il y avait sa fille et sa chambre, je dormais sur le canapé-lit en bas. Je me suis couchée et une heure ou deux heures après, je me suis réveillée pendant qu’il me touchait. Puis c’est passé de l’attouchement au viol, très vite”, explique-t-elle.

Elle n’en parle à personne pendant des années, part en Angleterre et, finalement, “décide de ne plus avoir d’entraîneur”.

“J’ai mis 25 ans à me l’avouer, 35 ans à le dire publiquement. Respect à Isabelle Demongeot et toutes les femmes qui ont parlé. Je comprends qu’on ne parle pas, il faut le faire au moment où on le sent”, a-t-elle encore ajouté.

Selima Sfar, dont la carrière s’étale de 1993 à 2008, a parlé pour la première fois de son traumatisme à sa psychologue, et raconte s’être “allongée sur le canapé et être restée 48 heures dans le noir à pleurer”.

Régis de Camaret déjà condamné

Regis de Camaret a été condamné pour des viols aggravés sur deux anciennes élèves mineures. Vingt-six autres anciennes joueuses, dont l’ex-numéro 2 du tennis français Isabelle Demongeot, avaient témoigné d’agressions sexuelles et de viols, des faits prescrits.

Au moment des procès, Selima Sfar affirme être “tombée dans une vraie dépression”.

“Mes parents et mes proches me disaient : ‘Heureusement, toi, tu es forte, tu n’aurais pas laissé ça arriver.’ Vous n’avez pas idée le mal que ça me faisait à chaque fois que j’entendais ça, la honte que j’avais. Ça me confirmait indirectement que j’étais lâche et faible. J’ai vécu ça pendant tout le procès. L’enfer. J’avais des idées noires”, explique l’ancienne joueuse, aujourd’hui âgée de 46 ans.

Sportivement, elle a atteint le top 100 mondial de la WTA, le circuit professionnel, en 2001, mais “chaque fois que j’étais sur le point de remporter une grande victoire, je me paralysais”, détaille-t-elle.

Régis de Camaret ou son entourage n’ont pu être joints ni par L’Équipe, par l’AFP.

Avec AFP



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